{e-nondation } : une danse oppressante et désorientée

Dès l’instant où la musique retentie, le chorégraphe et danseur Brice Bernier entre sur scène. Il déambule de manière lourde et posée à la fois, avant de venir se mettre face à nous. Au moment où il arrive sur scène, nous comprenons que la relation au corps va être l’un des sujets central de sa création. Puis après quelques minutes, comme une sorte d’entracte pour le danseur, une musique connue de tous apparaît (Jacqueline Taieb – « 7heures du matin » http://www.bide-et-musique.com/song... ). Comme s’il se levait de sa nuit, Brice Bernier s’étire, boit un café et est prêt à danser, les mouvements du corps prennent alors place. Cette action a lieu 3 ou 4 fois lors de la soirée. Elle permet à l’artiste de prendre un temps de pause, car le travail au corps est très fort dans sa création. Le danseur semble oppressé et déstabilisé dans ses mouvements, notamment par la musique. En tant que spectateur on ressent une puissance des mouvements via cet état désorienté du danseur. Cela est d’une certaine manière amplifié par le choix d’une musique électro et d’un travail vidéographique psychédélique et expérimental.

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La création e-nondation est donc polyvalente. Elle s’intéresse aux relations entre la danse, la musique et la vidéo. C’est en effet, une véritable œuvre d’art contemporaine comportant le solo chorégraphié de Brice Bernier, ainsi qu’un travail autour de l’univers vidéo (Lois Drouglazet) et une dimension sonore (Guillaume Bariou) qui amplifie la sensation de déstabilisation du danseur. On ressent une véritable harmonie dans la création ; la musique et la vidéo viennent apporter rythme et puissance plus aux mouvements du danseur. En effet, à la différence du hip-hop classique où les mouvements sont rapides et liés à la vitesse, ici la chorégraphie prône la lenteur et la distorsion des mouvements, comme pour prendre le temps face à une société où tout va vite.
La dernière partie, est vraiment oppressante autant pour le danseur que pour le spectateur. La musique électro allant même jusqu’à la transe, rend les mouvements quelque peu robotiques. La tension est palpable.

Ce travail chorégraphique alliant autant la danse, la musique que la création vidéo, a renforcé mon envie de découvrir de nouveaux spectacles autour de la danse.

Clémentine C.

Prochain spectacle de danse à ONYX  :
Gerro, Minos & Him
Simon Tanguy, Roger Sala Reyner, Aloun Marchal
Mardi 17 novembre 2015 à 20h30
http://www.theatreonyx.fr/