On a visité les coulisses… de l’exposition « Incarnés de Voyage » au Rez-de-Chaussée

Ouvert depuis un peu plus de deux ans, le Rez-de-Chaussée est un espace polyvalent à la croisée des arts, du spectacle vivant et de la philosophie, niché dans le quartier des Olivettes. Il accueillait jusqu’au 14 décembre l’exposition « Incarnés de Voyage », montée par l’artiste Gérard Hauray autour du voyage, du paysage et de la cité.

Notre groupe de Visites de Coulisses se retrouve au Rez-de-Chaussée pour sa dernière visite de 2013. L’espace est petit, atypique, un peu caché dans les ruelles du quartier des Olivettes. Nous apprenons que Gérard Hauray, qui devait nous faire visiter son exposition, ne pourra pas être là. Qu’à cela ne tienne, nous avons quand même deux guides avec nous, qui nous ont raconté l’histoire du lieu et expliqué l’exposition.

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Marie-Pierre Beillevaire Caron, gérante de la galerie, nous explique dans un premier temps les origines de ce lieu. Un des premiers bâtiments nantais en béton des années 1920, le Rez-de-Chaussée était au départ une rizerie pour stocker les sacs que les bateaux déposaient. A l’époque le quartier des Olivettes était encore un vaste réseau de canaux dans lesquels passaient des péniches de transport de marchandise.

Les canaux ont été comblés, et l’agence d’architectes In Situ a été chargée de remodeler et moderniser les bâtiments et nombreuses venelles du quartier. Elle s’est installée au premier étage d’un des immeubles du quartier, qu’elle a mis à nu pour mettre en valeur la structure en béton. C’est au rez-de-chaussée de cet immeuble qu’elle a créé… le Rez de Chaussée ! Le lieu est mis à la disposition des artistes et des créatifs par l’agence, et accueille des expositions, mais aussi des défilés de mode, des résidences ou encore des conférences.

Nous découvrons ensuite l’exposition en compagnie d’une étudiante de l’Ecole des Beaux-Arts, qui assiste Gérard Hauray sur la mise en place de cette exposition. Elle nous explique comment Gérard Hauray a souhaité travailler sur le voyage en collectant les poussières sous les chaussures des voyageurs à leur arrivée en gare (ou à l’aéroport dans le cas de Tbilissi pour des raisons de sécurité, les autorités géorgiennes étant peu habituées aux interventions d’art contemporain).

Ces poussières ont ensuite été mises en terre et arrosées, si bien qu’on peut voir maintenant des mousses se développer, et parfois même quelques surprises, comme une pousse de bouleau ! L’exposition retrace le processus de collecte à travers des photographies de Gérard Hauray grattant les chaussures des voyageurs, un diaporama de photos des différentes mousses en train de se développer ou encore des carnets recueillant les impressions des voyageurs sur leur trajet.

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L’exposition nous fait voyager de Nantes à Sarrebruck, en passant par Tbilissi et Düsseldorf. Elle devrait voyager elle aussi entre ces différentes destinations, même si les bacs contenant les poussières récoltées pourraient rester en France : transporter des mousses et des graines aux quatre coins de la Terre n’est pas autorisé par tous les pays !

Lucille, chargée des visites de coulisses