On a visité les coulisses… de l’Orchestre National des Pays de la Loire

Habituellement partagé entre Angers et Nantes, l’Orchestre National des Pays de la Loire était au complet jeudi 16 janvier pour présenter son concert « L’Odyssée Symphonique » à la Cité de Nantes. Une occasion rêvée pour découvrir les coulisses de l’orchestre !

Nos guides, Anaïs et Sophie, sont en charge de l’action culturelle pour l’ONPL. Elles nous conduisent dans le Grand Auditorium où se passent tous les concerts de l’ONPL mais également leurs répétitions. La salle ne leur appartient pas cependant, elle est louée à la Cité des Congrès. Nous faisons la connaissance d’Ulysse, violoncelliste à l’ONPL depuis un an et demi.

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Ulysse nous parle de l’organisation de l’orchestre : tous les musiciens sont là après avoir réussi un concours mis en place lorsque leur poste était vacant. Ils sont salariés de l’orchestre après une période d’essai d’un an. Ils enchaînent deux CDD puis, si tout se passe bien, signent un CDI. Chaque orchestre a un statut différent et s’organise différemment, et Ulysse nous donne l’exemple de l’Orchestre d’Ile de France, qui n’a le droit qu’à un mois de période d’essai avant de faire signer un CDI à ses musiciens. La solution qu’ils ont donc trouvée pour contourner ce problème est de faire passer les concours « à blanc », sans prendre de décision, puis d’inviter les finalistes à venir jouer sur leurs concerts comme intermittents pour les tester en situation.

La vie d’un musicien est extrêmement remplie et très variable : beaucoup de travail à la maison pour apprendre les partitions des concerts à venir, des répétitions tous les jours, des concerts, des accompagnements d’opéras, des interventions, le tout dans différentes villes de la Région ! Ulysse nous avoue qu’il a du mal à caler ses heures de code de la route dans tout ça. Mais il nous rassure : le rythme de son métier n’est pas du tout incompatible une vie de famille. Plusieurs d’entre eux sont mariés, avec des enfants !

Nous le laissons aller se préparer pour le concert et nous poursuivons la discussion avec Anaïs et Sophie. Les musiciens de l’ONPL sont divisés en deux « phalanges », celle de Nantes et celle d’Angers. Ce soir, les morceaux choisis exigent un grand nombre de musiciens, et les deux phalanges sont donc réunies. Mais cela ne suffisait pas pour le second morceau, et l’ONPL a dû faire appel à des musiciens intermittents pour compléter l’orchestre ! Il n’y a plus beaucoup de place sur scène pour se déplacer du coup, alors que le plateau du Grand Auditorium leur offre quand même un bel espace : 20 mètres de large, 21 mètres de profondeur et surtout 27 mètres de haut ! Pour réduire un peu cet espace, l’ONPL encadre ses musiciens par des murs et un faux plafond (des « conques ») qui redirigent le son vers les spectateurs… puisque l’orchestre n’est jamais sonorisé artificiellement (micros ou autres).

Enfin presque jamais, car pour le morceau de ce soir, des baffles sont présentes. La deuxième œuvre du concert nécessite un orgue, or celui qui est utilisé est un orgue électronique. Pour qu’on puisse l’entendre, il a donc besoin d’être un peu aidé.

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Après la visite, le concert : Concerto pour piano n°3 de Beethoven en première partie, et « Ainsi parlait Zarathoustra » de Strauss en deuxième partie. Le pianiste soliste Gerhard Oppitz nous a livré une magnifique interprétation du concerto, toute en virtuosité et en sensibilité. Quant à l’œuvre de Strauss, tout le monde connait les 2 premières minutes, qui ont servi de bande originale au film « 2001, l’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick, mais les 33 autres ont été pour beaucoup une découverte que l’ONPL nous a très bien présentée !

Lucille, chargée des visites de coulisses