On a visité les coulisses de l’Hôtel de Ville dans le cadre de SPOT

Le vendredi 5 juin, nous avons parcouru la mairie de fond en comble, avant de rejoindre les jardins pour l’inauguration du festival SPOT.

Une visite de la cave au plafond

De l’hôtel Rosemadec, ancienne école de moine, à la somptueuse salle Bellamy, ancienne salle de bal, nous avons parcouru les étages et les enfilades de salles de l’Hôtel de Ville, dont pas une ne ressemble à sa voisine.

Contrairement à de nombreux hôtels de villes, composés d’un unique bâtiment, souvent imposant, et d’un parvis, l’hôtel de ville de Nantes est un agrégat de bâtiments divers, assemblés et réaménagés au cours du temps.

Le premier bâtiment acheté a été le manoir Derval au 16ème siècle, puis le bâtiment a été agrandi, avec, notamment, l’aile où se trouve la salle du conseil municipal actuelle.
Ces nombreuses modifications font dire à certains, parlant de l’entrée visiteurs de la salle du Conseil, que « Quand on fait un pas dans la salle du conseil, on franchit 200 ans d’histoire ».

La Salle des Conseils était, jusqu’à récemment, une salle polyvalente. On l’installait tous les deux mois pour les conseils municipaux. Le mobilier reste désormais en place.
Actuellement, la ville possède 65 conseillers municipaux et 25 adjoints (en charge de thématiques qui tiennent à cœur au maire).

Avant qu’il y ait la grille (rue de l’hôtel de ville), il y avait dans la cour deux arcs de triomphes suivis par un escalier monumental.
Aujourd’hui, la cour est bien plus sobre, mais on trouve toujours sur la façade des mascarons représentants des dieux grecs, des métiers de l’époque et un cadran solaire.

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Nous avons eu la chance de voir le Bureau du Maire. Un visiteur a fait remarquer que le bureau avait changé depuis Jean-Marc Ayrault. Cette observation a été l’occasion d’échanger sur le nouveau tapis et sur les changements de décoration de la pièce en fonction des maires qui se sont succédés.

Nous avions des visiteurs très observateurs lors de cette visite, puisqu’un autre visiteur a attiré notre attention sur le fait que l’Ordre de la Libération figurait sur le vitrail représentant le blason de la ville de Nantes. C’était, en effet, un peu anachronique.
Notons au passage que Nantes a été la première ville à recevoir cet Ordre.
Dans tout l’hôtel de ville, on retrouve des traces de l’histoire de la deuxième guerre mondiale : dans l’entrée, dans l’ancien bureau du maire, mais aussi à l’entrée de la cave.
Les caves de la mairie ont servi de refuge pour les résistants du quartier pendant l’Occupation.

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Après avoir visité la cave, direction le plafond. Découvrir certaines coulisses engendre parfois des désillusions. Dans les escaliers de l’hôtel Rosemadec, on peut voir un plafond sculpté. En réalité, il a été réalisé en plâtre projeté sur une grille, puis sculpté. C’était plus économique, mais moins résistant que la pierre, comme nous avons pu le constater en allant voir de plus près...

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Nantes, une ville de marins

Lors de travaux, on a trouvé dans les murs de la mairie des inscriptions Gallo-romaines souhaitant bon courage aux marins, qui est aujourd’hui visible à la Cathédrale.
Le blason historique de la ville fait explicitement référence aux marins avec l’image de bateau et à travers la devise « Favet eunti neptunus » (Neptune favorise ceux qui osent).

Une salle entière de la mairie est dédiée aux tables de bouche. Il s’agit de blasons servant à boucher les canons sur les navires.

Autre référence au passé maritime et commercial de la ville. Le portrait d’Harouys, maire de Nantes à la fin du XIVème siècle, dans le bureau du maire. Lors de la Saint-Barthélémy (24 août 1572), le conseil municipal a refusé d’obéir aux ordres des Guise, appelant à massacrer les protestants, comme à Paris, « en passant par le fil de l’épée ceux qui confessaient « la Religion Prétendue Réformée » ».
Nantes est donc une des très rares villes ou il n’y a pas eu de Saint-Barthélémy. Grâce à un maire particulièrement tolérant ? Pas tout à fait.
Nantes était une ville de commerce maritime, qui faisait beaucoup affaire avec les Hollandais, qui étaient protestants. La ville de Nantes avait donc tout intérêt à préserver ses partenaires commerciaux.

Dernière référence au passé maritime, plus récent celui-là, une ancre issue des chantiers navals de Nantes, qui se trouve dans le jardin. Elle a été installée là au moment de la fermetures des chantiers navals, comme symbole de cette activité qui a beaucoup compté pour la ville.

L’Hôtel de Ville : quatre mariages et un parrainage

1000 personnes sont mariées chaque année par la mairie de Nantes.
La mairie propose également un parrainage civil, équivalent laïque du baptême.
Mais beaucoup plus amusant que les chiffres, la question du mariage a surtout été abordée, lors de la visite, à travers des anecdotes.

Dans la salle en face de celle des mariages, on trouve deux blasons sur la cheminée, qui symbolisent l’union des Rosemadec et des Goulaine. Quelqu’un aurait dit à l’époque « Si la mariée est laide, au moins le blason est beau ».

Notre guide nous a expliqué que la devise de la ville « Favet eunit neptunus » est souvent utilisée par les élus lors des célébrations de mariage. Les mariés sont alors comparés à des aventuriers courageux sur les mers tumultueuses de la vie de couple...

Clou du spectacle, notre guide a été rattrapé par ses blagues : au festival SPOT, un steward facétieux nous a fait faire une file amérindienne. Notre guide avait été nommé chef de file de notre groupe et devait nous guider en levant l’annulaire. Or, il s’est trompé de doigt et le steward lui a lancé : « Ne faites pas un doigt d’honneur monsieur, c’est le doigt de la bague de mariage qu’il faut soulever  ».

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Une mairie en folie avec le festival SPOT

Tout au long de la visite, nous avons pu entendre en fond sonore les balances du festival SPOT.
Il y avait un certain contraste entre le faste silencieux des salles visitées et la musique techno qui s’élevait dans les jardins.

Après la visite, nous avons pu découvrir les initiatives valorisées par le festival. Nous avons ainsi pu aller à un bureau de poste peu banal et écrire une lettre au Maire ou encore fait un voyage intergalactique dans une étrange capsule

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Plus de photos sur la page Facebook des visites des coulisses.

Mathilde, coordinatrice des Visites des Coulisses