On a visité les coulisses de l’Espace Simone de Beauvoir

Le mardi 16 juin 2015, nous avons visité l’Espace Simone de Beauvoir et joué à un super jeu sur le féminisme.

Un lieu d’accueil très accueillant

Sur tous les visiteurs, une seule personne avait déjà osé entrer dans l’Espace Simone de Beauvoir : certain(e)s par peur d’entrer dans un lieu trop militant, d’autres arrêté(e)s par une façade un peu austère.

Pourtant dès qu’on passe la porte, on est accueilli par des citations colorées inscrites sur les poutres et des canapés tout aussi colorés.

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Mélanie, chargée de projet à l’Espace Simone de Beauvoir, nous a présenté l’Espace et ses activités.
Il existe depuis 1991 et a été porté par des associations militantes, mais aussi une volonté municipale forte que cet espace voit le jour.
La spécificité de cet Espace est de regrouper des associations de défense du droit des femmes, afin de mutualiser et de croiser les énergies.

Il est ouvert au public, généralement l’après-midi, et tout le monde peut s’y rendre sans rendez-vous sur les horaires d’ouverture. Il possède une bibliothèque et une cafétéria. Seule condition pour emprunter des livres ou y manger : être adhérent(e).

L’Espace dispose de 5 salariées et un grand nombre d’adhérent(e)s individuel(le)s qui sont, pour certain(e)s, là depuis très longtemps.

Grâce à sa bibliothèque, il est utilisé par des étudiants et des universitaires qui veulent faire des recherches sur le droit des femmes ou l’histoire du féminisme. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, Angers dispose d’une très importante collection d’archives du féminisme.

L’Espace a aussi un rôle de sensibilisation, avec, cette année, l’accueil de la marche mondiale des femmes et un focus sur la thématique « genre et espace public », mais aussi des expositions, des cycles de conférences, des séances de dédicaces, des journées de formation, des interventions en milieu scolaire...

L’Espace met aussi en place un travail de terrain dans les quartiers de Nantes, autour du genre dans l’espace public, avec notamment des marches sensibles (inversion des rôles entre participants). Pour l’instant, elles ont eu lieu dans le quartier Bouffay.

Lorsque des personnes désorientées ou en difficultés se rendent à l’espace pour demander de l’aide, les salariées les réorientent vers d’autres associations, comme le Planning familial, Solidarité Femmes ou le CIDF, qui font partie des 15 associations adhérentes. Parmi les associations adhérentes, on trouve aussi « La Trousse à Outils », qui dispense des formations d’autodéfense.

Des débats détonnants

Pendant la visite, nous avons même déconstruit les questions, en abandonnant nos préjugés sur ce que serait une question acceptable ou non. Ainsi, un visiteur a demandé, très sérieusement, « Pourquoi avoir choisi un sol rouge ? ».

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Le fameux sol rouge

Aussi étrange que cette question puisse paraître, cette question nous a permis d’échanger sur les couleurs, et en particulier le célébrissime « rose pour les filles  ». Nous avons aussi parlé Skateboard, Longboard et coupe du monde...

Un jeu, et bien plus encore !

Nous avons joué au jeu « Mais qu’est-ce qu’elle veulent encore ? », un jeu imaginé par l’Espace Simone de Beauvoir de Nantes en collaboration avec le CIFF-CIDF (Centre d’Information Féminin et Familial - Centre d’Information sur les Droits des Femmes), le MFPF (Mouvement Français pour le Planning Familial), d’Une Rive à l’Autre et le Mouvement du Nid.
Il a pour objectif de favoriser les échanges sur la citoyenneté, la sexualité, le travail, l’éducation, les violences, mais aussi de prendre connaissance des lois relatives à l’égalité professionnelle, et aux violences faites aux femmes et de permettre aux participants de réaliser un travail sur l’estime de soi et sur le respect de l’autre, - de dépister et repérer les comportements sexistes. Tous ces thèmes sont abordés sous les angles de l’autonomie, l’égalité, la dignité, la solidarité.

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Un vaste programme dont le résultat a surtout été des échanges constructifs et même de franches rigolades. Ainsi le féminin d’ « écrivain » est devenu « écrevisse », et à la question finale «  Mais qu’est-ce qu’elles veulent encore ? », la réponse, ironique, a été «  Un parfum... Comme nous tous ! »

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Nous avons aussi partagé nos conseils lecture :
« En avant toutes » de Sheryl Sandberg (la n°2 de Facebook)
« Ce que soulève la jupe » de Christine Bard
ou encore les livres d’Eric Fassin, suite à sa conférence "Le genre est-il contre nature ? » de décembre au Pianocktail (http://www.atelierdesinitiatives.or...)

L’Espace déménagera prochainement du côté de la Gare Maritime. Tant mieux, c’est juste à côté de l’Atelier !

Mathilde, coordinatrice des Visites des Coulisses