On a visité les coulisses de l’ONPL...

Le mercredi 2 mars, nous avons été visiter l’Orchestre National des Pays de la Loire. Nous avons été accueillis par Anaïs Joyaux, chargée d’action culturelle et territoriale de l’ONPL.

Présentation de la salle de concert

Nous avons commencé par nous installer à la place des musiciens sur la scène. Chacun à son pupitre, Anaïs nous a présenté les caractéristiques acoustiques de cette salle de concert. Elle a été conçue pour que les spectateurs puissent extrêmement bien entendre le son naturel des instruments. Cette configuration est propre pour les musiques symphoniques, ainsi des conques (des panneaux qui renvoient le son) sont disposées de part et d’autre de la scène pour une meilleure acoustique.

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Sur la scène appelée plateau, il y a une organisation spécifique. Ainsi, nous explique Anaïs, chaque famille d’instruments à son emplacement et chaque musicien a sa place attitrée.

L’Orchestre National des Pays de la Loire

En tout, il y a 8 orchestres nationaux en France. C’est un titre accordé pour les structures qui accueillent notamment des chefs d’orchestres internationaux. Celui des Pays de la Loire est la plus grosse structure culturelle de la région. Une centaine de musiciens professionnels sont répartis sur les villes de Nantes et d’Angers. Des missions d’action culturelle sont également menées en plus des concerts.

La programmation et les coulisses

Pascal Rophé, le directeur musical, choisit les œuvres et la thématique de chaque saison. Il dirige une grande partie du répertoire, mais des chefs d’orchestre spécialistes de certains répertoires sont également invités à l’ONPL. Anaïs nous présente le concert « La flûte enchantée », auquel nous allons assister après la visite. Pascal Dusapin, en résidence à l’ONPL depuis 2 ans, propose une œuvre pour flûte et orchestre à cordes. C’est une œuvre contemplative, un requiem envers sa belle-mère. La flûte ne joue les notes en hommage aux initiales de cette femme qu’à la fin du morceau.
Nous sommes ensuite allés derrière la plateau découvrir les coulisses. Anaïs nous a expliqué les différents moyens logistiques de transport et de stockage des instruments. Les loges sont situées au-dessus.

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Rencontre avec le musicien professionnel : Sylvain Lejosne

Nous nous sommes réinstallés sur le plateau et l’altiste Sylvain Lejosne nous a rejoint pour nous présenter son métier. Tout d’abord, il nous a expliqué que les musiciens jouent sur des chaises ergonomiques pour garder une posture dynamique et éviter de se faire mal.

 « - Quelles sont les blessures les plus fréquentes ? », demande un participant.
« - Des tendinites et des problèmes de dos. Tous les instruments porteurs (violons, violoncelle...) provoquent ce type de blessures. » 

Les artistes reçoivent les partitions normalement 6 semaines avant le début d’une série. Pour le concert de ce soir, les répétitions ont eu lieu pendant seulement 2 jours et demi.

 « - Qu’est-ce qu’une série ? », interroge un participant.
« - Une série comprend les répétitions ainsi que les concerts. Ce qui correspond à environ 10 jours. » 

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 « - Le chef d’orchestre est le seul à donner sa vision de l’œuvre lors des répétitions ? », questionne un participant.
« - Oui, sinon les répétitions seraient interminables. » 

Pour devenir musicien à l’ONPL, il faut passer un concours, qui se déroule sur 2 jours avec plusieurs tours. A la fin, tout se joue au moral. Sylvain nous raconte que quand un poste se libère, il y a au moins 120 candidatures envoyées.

 « - Quand on est admis à l’ONPL, on y reste ? », demande un participant.
« - Pendant un an, le musicien est en "test", pour voir s’il a la capacité de travailler en équipe et de savoir mettre son égo de coté. Pour jouer dans un orchestre, il faut savoir rester humble, car l’important c’est la cohésion du groupe. » 

Sylvain est ravie de pouvoir faire un travail-passion, mais il y a tout de même des contraintes à cette profession, notamment en raison des nombreux déplacements lors des tournées internationales. L’ONPL joue notamment en Asie, elle représente la carte de prestige de la région Pays de la Loire.

 « - Est-ce que vous avez des remplaçants ? », interroge un participant.
« - Non, même malade avec de la fièvre nous venons jouer. Les solistes sont notamment irremplaçables. Après sur des postes moins stratégiques pour l’harmonie de l’orchestre, il peut y avoir des musiciens supplémentaires contactés en renfort. » 

Sylvain nous a également raconté une anecdote. Lors d’une représentation dans un cirque romain en Tunisie, sa partition (bien qu’attachée par une pince à linge) s’est envolée et il a du finir de jouer en regardant la partition de ses collègues devant. Chaque musicien a trois ou quatre repères individuels pour être sûr d’être bien calé sur la mélodie, même s’il n’arrive pas à voir le chef d’orchestre correctement.

 « - Est-ce que vous avez toujours le trac avant un concert ? », questionne un participant.
« - Oui, toujours après 10 ans de carrière. » 

 « - Est-ce que vous avez envie de devenir chef d’orchestre ? », questionne un participant.
« - Non, c’est un travail très impressionnant car il demande une grande connaissance de tous les instruments. Il faut également être un bon manager et savoir gérer son stress pour bien diriger l’équipe. » 

Ensuite, il nous a décrypté des gestes qu’utilisent le chef d’orchestre. Nous avons eu la chance de finir la soirée en assistant au concert « La flûte enchantée » ou nous avons pu guetter ces quelques indications qui aide à diriger l’orchestre en harmonie…

Fanny, coordinatrice des Visites des Coulisses