On a visité les coulisses de la Halle aux Bagages et échangé autour du dialogue citoyen

Quand on passe rue Fouré, il n’est pas rare de voir des personnes faire la queue devant le numéro 14 ou entrer et sortir de la cour.
C’est l’Association Saint Benoît Labre qui y propose certaines de ses activités, comme Aida, un point d’accueil et d’information pour les demandeurs d’asile, mais aussi la Halle aux Bagages, que nous avons visitée le mardi 14 avril.

Cette visite était l’occasion, après la découverte du lieu, de proposer un temps d’échange sur le dialogue citoyen.

Un lieu insolite et très utile, né d’une initiative citoyenne

Pendant une heure entière, Christophe Niobey, salarié de la Halle aux bagages et Jacques, bénévole, ont répondu à toutes nos questions sur le lieu et ses activités.

La Halle aux Bagages permet à tout adulte, quelle que soit sa situation administrative, de déposer ses affaires personnelles, le temps de régler ses difficultés d’hébergement. Seuls deux ou trois lieux de ce type existent en France.

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Environ 1000 bagages sont entreposés dans le lieu !

L’équipe est composée d’un salarié et de bénévoles. Pendant les horaires d’ouverture, ils essaient toujours d’être deux, pour pouvoir accueillir la vingtaine de personnes qui passe chaque jour pour amener, récupérer ses affaires ou simplement prendre des vêtements propres dans ses valises.

Le lieu dispose aussi de cabines pour se changer, d’un point informatique et d’un coin café, pour un peu plus de convivialité. Christophe souhaite que le lieu soit accueillant. Il a installé des tableaux et des affiches aux murs et a choisi la radio Fip comme ambiance sonore. Il n’y a pas de douche ou de machine à laver, mais les bains douche se trouvent à quelques rues de là.

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Sans passage pendant 3 mois, les bagages sont retirés du service. La question s’est alors posée de ce que deviennent les affaires retirées. Les vêtements sont mis à disposition ou donnés dans des points de collecte de vêtements. Les papiers et les objets de valeur (monétaire, mais surtout sentimentale) sont conservés dans des enveloppes au cas où leur propriétaire vienne les chercher un jour.

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Avant de savoir qu’ils étaient dans des enveloppes, les participants n’osaient pas rentrer regarder les objets conservés, considérant que c’était trop intime.

Et vous, comment souhaiteriez-vous être consulté pour donner vos idées pour la ville ?

Ensuite, direction le bar « Les sales gosses », pour échanger, autour d’un verre, sur le dialogue citoyen. C’était Cécile Bébin, Coordinatrice Engagement et Initiatives des Jeunes à la mairie, qui a animé ce temps de débat.

Pourquoi à l’occasion de cette visite ?
L’idée initiale de la Halle aux Bagages a germé au sein de jeunes du CNJ, le Conseil Nantais de la Jeunesse. A partir de cette proposition, l’association Saint Benoit Labre a fait de cette idée une réalité.

Nous avons commencé par un tour de table pour que chacun se présente et dise ce qu’il entend derrière « dialogue citoyen ».

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La concertation, oui, mais comment ?
Avant toute chose s’est posée la question de la limite d’âge. Jusqu’à quel âge est-on jeune ? 25 ans ? 32 ans ? Les jeunes ne peuvent-ils donner leur avis que sur des sujets qui concernent les jeunes ?

La question du risque que la volonté d’engager un dialogue citoyen ne soit que de la poudre aux yeux a été soulevée. Mais certains participants pensent que la concertation est un enjeu pour lequel les élus se sentent de plus en plus concernés.

Puis nous avons discuté de l’engagement et des formes qu’il peut prendre : continu ou ponctuel, sur des actions ou sur du fonctionnement... Cela a permis aux participants de donner leur avis sur la forme que devrait prendre un conseil des jeunes. Pour eux, un réseau souple serait préférable à un conseil figé avec des membres élus.

Mais cela a ouvert la voie à plein de nouvelles questions : comment être sûr d’être représentatif ? Comment sélectionner les idées qui seront réellement mises en place ? Quel engagement des jeunes sur leur projet pour le concrétiser ?
Beaucoup de sujets restent encore à creuser, mais cet échange était un bon début pour amorcer ensemble une réflexion sur la question de la participation des jeunes aux évolutions de la ville.

Mathilde, Coordinatrice des Visites des Coulisses