On a visité les coulisses de la graineterie...

Le jeudi 28 janvier, nous sommes partis découvrir la graineterie du Jardin des Plantes. Nous avons été accueillis par Anthony, grainetier, qui nous a expliqué son métier et la fonction de la graineterie de la ville de Nantes.

La salle de séchage

La graineterie comporte 3 salles, dont la salle de séchage très importante. Les graines récoltées dans le massif armoricain y sont disposées et séchées, puis nettoyées. Le grainetier fait environ 3 sorties par an pour récupérer de nouvelles graines et établir un catalogue. En tout, Anthony passe donc 25 jours dans l’année, à l’extérieur, pour réaliser cette récolte. Un index est constitué sur 4 ans et référence ainsi 1200 espèces. Tous les ans, une thématique est choisie pour permettre de récupérer de façon stratégique environ 500 échantillons par an. 4 thématiques sont possibles : littoral, milieu humide, bois et landes, prairies et pelouse.

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 « - Dans le massif, il y a d’autres index ? », demande un participant.
« - Oui, car par exemple à Brest ce n’est pas le même catalogue d’espèces. » 

Des grappes de fruits sont ramassées et sont mises à sécher pendant 3 mois. La salle de séchage a une température fixe de 22 à 24 °C. Sur chaque espèce doit être indiqué son nom et la date de la récolte pour permettre une identification précise. De novembre à janvier s’effectue le triage des graines.

La salle de nettoyage

Les graines servent pour les semis et pour réaliser des échanges avec d’autres jardins botaniques nationaux ou internationaux. Ce sont environ 7500 sachets de graines qui sont envoyés chaque année par la graineterie de Nantes, contre 1500 à 2000 sachets de graines commandés. En effet, la graineterie de Nantes est très réputée, notamment parce qu’elle réalise toujours des sorties à l’extérieur et que les graines envoyées sont toujours très propres.

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Anthony nous a ensuite montré comment les graines sont nettoyées. Le but étant que les graines soient les plus propres possibles. Il pilonne les fruits sur un tamis à grosse maille, puis il passe à un tamis plus fin et le processus ne s’arrête pas tant que les graines ne sont pas bien nettoyées.

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A chaque fois qu’Anthony pilonne les graines sur le tamis, il doit après évacuer les poussières. L’action de tamiser les graines pour les nettoyer est nommée par le verbe « vanner ». Les tamis sont achetés à la seule entreprise en France qui en réalise. C’est une femme qui effectue ces réalisations très soignées « fait mains ».

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Le salle de stockage

Ensuite les graines sont disposées dans des sachets et stockées au frigo entre 2 et 3 °C. Elles sont gardées 4 ans puis détruites. Si on souhaite les conserver plus longtemps, elles peuvent être mises dans un congélateur à -20°C. Une réserve est notamment effectuée concernant les plantes littorales. Des échanges s’opèrent avec des jardins botaniques étrangers qui ont tous signés une charte déontologique.

 « - Combien de grainetiers en France ? », interroge un participant.
« - Il y a 5 grainetiers à Paris, moi à Nantes et quelques autres collègues ailleurs. Nantes est la deuxième graineterie française » 

Cette visite des coulisses a été l’occasion de visiter un lieu unique à Nantes et de découvrir une profession rare et méconnue : le métier de grainetier. Merci à tous pour votre participation et à Anthony pour nous avoir fait une démonstration d’un nettoyage de graines !

Fanny, coordinatrice des Visites des Coulisses