On a visité les coulisses des Bains et Lavoirs ...

Jeudi 3 décembre, en fin de journée, nous sommes partis découvrir le bâtiment des Bains et Lavoirs du quai baco. Yannick Royer, bénévole auprès du « Collectif des Bains Douches » (Cobadou), nous a ouvert les portes de ce lieu unique construit au milieu du XIXème siècle et toujours en activité aujourd’hui.

Un bâtiment dessiné par Henri-Théodore Driollet

Yannick nous a tout d’abord fait observer le bâtiment vu de l’extérieur. Il a été construit par l’architecte Henri-Thédore Driollet dans les années 1850, ce dernier a notamment dessiné les plans de la fontaine de la place Royale à Nantes. Il nous a expliqué que cette structure a été conçue pour accueillir, sur la gauche à l’entrée, les bains et sur la droite, les lavoirs, au dessus desquels la chaufferie était installée. 6 bains pour les indigents se situaient à l’extrémité du bâtiment à gauche, ainsi que des bains médicamenteux pour soigner les maladies de la peau. Aujourd’hui, la partie de droite a été aménagée en douches pour des personnes en situation de précarité. Il faut savoir qu’à l’origine le bâtiment était plus grand, mais que la partie des lavoirs a été rasée en 1967.

JPEG - 1.5 Mo

Ce type de structure fut la première à être construite en France et elle est la dernière actuellement toujours en fonction en Europe. Entre 1850 et 1950, 5 autres Bains Douches ont vu le jour à Nantes. Puis vers 1980, ils ont été progressivement fermés et regroupés dans celui du quai Baco. Le Collectif des Bains Douches a vu le jour il y a 7 ou 8 ans, nous raconte Yannick, quand la municipalité a décidé de faire des travaux sur le bâtiment et de détruire la cheminée pour mettre des antennes téléphoniques. Un mouvement citoyen, amené par les habitants du quartier, s’est construit pour protester contre cette dégradation d’un édifice historique appartenant au patrimoine nantais.

JPEG - 87.8 ko

Les modifications intérieures

Nous sommes ensuite rentrés dans l’édifice et Yannick nous a décrit les changements qui ont été apportés au bâtiment. Tout d’abord dans les années 1860, des travaux de rénovation ont été réalisés du fait que les bains et lavoirs étaient perçus « comme un cloaque parfait » par les habitants selon la presse. Puis, dans les années 1985, la structure devient une « Maison des associations » et le lieu a été réaménagé en bureaux pour accueillir les associations du quartier.

JPEG - 1.5 Mo

Ensuite, une petite histoire sur l’origine des Bains et Lavoirs publics en France nous a été contée. C’est Napoléon III qui a vu ce type de structure en Angleterre et qui a ramené le concept en France. L’état a payé un tiers de la construction du Bains et Lavoirs que nous visitons. La difficulté a toujours été de trouver l’équilibre financier entre les bains, qui sont bénéficiaires et les lavoirs, qui sont déficitaires. Ainsi des bains pour les premières classes ont été aménagés à l’étage.

JPEG - 1.5 Mo
Yannick nous montre que le première étage comportait des bains pour les premières classes. Ils bénéficiaient de plus de lumière grâce à la verrière.

Grâce à une présentation 3D, Valentin Grimaud a numérisé le bâtiment, nous avons eu la chance de nous projeter dans les locaux du temps de sa pleine activité. Ainsi, Yannick nous a montré où devait se situer le bac de rinçage, la salle de repassage et un séchoir. Un baquet de linge était aussi mis dans le cuvier et tournait pendant 1h. Il nous expliquait aussi que les enfants venaient avec leur mère qui venaient laver le linge, donc il y avait des espaces pour les occuper.

 « - Comment séchait le linge ? », demande un participant.
« - Dans un séchoir à tiroirs, le linge était installé près de la cheminée. Le séchoir était toujours au dessus des lavoirs. » 

Il y avait plusieurs salariés : une personne à l’accueil, une personne à chaque étage appelée « une baigneuse » qui s’occupait des bains et aussi un chauffeur en charge de la chaufferie. Ce dernier logeait dans le bâtiment avec sa famille à l’étage jusque dans les années 1985.

Du fait que les Bains et Lavoirs sont toujours en activité aujourd’hui, nous avons eu la chance de visiter un lieu unique à Nantes, mais aussi en France et en Europe ! Cet édifice du XIXieme siècle fait partie d’un patrimoine rare au niveau architectural, mais également au niveau social.

Fanny, coordinatrice des Visites des Coulisses