On a visité les coulisses du festival Handiclap

Les pieds dans l’eau et la tête au soleil, les chapiteaux du Festival Handiclap étendaient leurs bâches colorées vers le ciel en ce samedi après-midi sur le parc des chantiers. Toute l’équipe du festival s’est mobilisée pour nous donner une vision claire et approfondie de ce qu’est l’APAJH, des secrets de la programmation du festival, de contraintes pour monter un chapiteau... Deux conteuses de sont même pliées en quatre pour nous présenter un conte contorsionné, doublé en langue des signes.

Une équipe de choc

C’est Valérie Fourgassié, chargée de mission pour le Festival Handiclap, qui nous a accueillis à côté des Machines. Elle avait convoqué pour nous presque tous les acteurs clefs du festival, qui nous ont expliqué, chacun de son point de vue, les différentes facettes du festival.

Laurence Royer, administratrice de l’APAJH 44, nous a raconté l’histoire de l’association, sa philosophie et ses actions. Elle est bénévole dans l’association depuis l’origine. Créée par des parents d’enfants handicapés qui voulaient favoriser l’accessibilité des écoles aux enfants handicapés, les missions de l’association ont évolué et se sont diversifiées. Elle organise, entre autres, le festival Handiclap, qui proposait cette année sa 28ème édition.

Puis, Juliette Pédard, programmatrice, nous a expliqué comment sont choisis les spectacles présentés. Trois objectifs guident la programmation : les deux premiers sont de parler du handicap et de favoriser les spectacles accessibles aux handicapés, grâce à des doublages en langue des signes, des spectacles muets ou même des casques racontant ce qui se passe sur scène aux aveugles. Le troisième objectif est de proposer aussi des spectacles « grand public », suivant l’idée que les handicapés, leur famille, leurs amis ou le reste du public du festival n’ont pas forcément envie qu’on ne leur parle que du handicap.

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Valérie, Juliette et Laurence nous expliquent les dessous du festival

Ensuite, place à la technique avec Patrick David, le régisseur général et Gweltaz Niel, régisseur du chapiteau Mobil Casbah, qui nous ont expliqué les contraintes du montage des chapiteaux, surtout sur un site classé au patrimoine industriel, de l’accueil des publics handicapés, mais aussi le travail des régisseurs.
Monter un chapiteau est un travail d’équipe. Pas besoin d’être musclés, mais il faut être beaucoup. Pour Laurence Royer, c’est une belle image de la solidarité.

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A Handiclap on voit de tout, même des gens qui ont des pieds à la place de la tête

Un conte contorsionné

Nous avons ensuite assisté à ToR un conte contorsionné de la compagnie Presque Siamoises, doublé en langue des signes, qui avait lieu dans une caravane.

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A 15 personnes dans une caravane, on peut dire que le public aussi était un peu contorsionné.
Le spectacle raconte l’histoire d’une petite fille qui décide de vivre à l’envers pour ne pas pleurer.
Voir l’actrice le corps dans tout les sens était impressionnant et donnait à réfléchir à la plasticité du corps et au fait que ce que nous jugeons « normal » ou « à l’endroit » n’est qu’une question de point de vue.

Ce conte est une belle leçon d’ouverture d’esprit et d’acceptation de la différence : « Elle avait vécu pendant des années dans le mauvais sens pour une règle qui n’avait pas de sens ». Tant mieux, le thème du festival cette année était la richesse et la diversité.

« Croisons nos imaginaires, tissons des liens »

Après le spectacle, direction la Maison des Hommes et des Techniques pour visiter l’exposition « Croisons nos imaginaires, tissons des liens. »

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Nous y avons échangé avec Vingt-cent, un artiste qui présente des œuvres autour de syndrome Gilles de la Tourette, dont il est lui même atteint. Il nous a expliqué : « ça me fait du bien, et puis ça permet d’en parler ».

En conclusion, cette visite était riche et diverse, comme l’est le festival Handiclap !

Mathilde, coordinatrice des Visites des Coulisses