On a visité les coulisses du Cinématographe avec Ciné Femmes

Vendredi 17 avril, nous avons visité le Cinématographe dans le cadre de "Ciné Vendredi", une action de l’association Ciné Femmes. Nous avons vu le film "La cour de Babel" et échangé autour du film. Ensuite, nous avons discuté des actions du cinématographe envers les publics spécifiques et visité la cabine de projection.

Un cinéma, un film, un débat

Le Cinématographe n’est pas un cinéma comme les autres. C’est un cinéma indépendant qui s’est vu confier par le Conseil Général la mission SCALA (Salles de Cinéma Associatives de Loire-Atlantique). Le Cinématographe a pour projet associatif l’éducation à l’image, la formation technique autour des métiers de la projection et l’animation auprès du jeune public.

La visite a débuté dans la salle de projection du Cinématographe par une présentation de Ciné Femmes. Cette association d’éducation à l’image veille à la diffusion de films réalisés par des femmes.

Catherine de Grissac, responsable des actions de Ciné Femmes , nous a présenté la mission d’éducation populaire de l’association. Ciné Femmes organise des projections, notamment «  Ciné-vendredi » au Cinématographe, mais aussi des débats sur les films. Cette action s’inscrit dans l’éducation à l’image des publics en milieu scolaire et pour des publiques spécifiques.

Avant la projection du documentaire de Julie Bertucelli, « La cour de Babel », Catherine de Grissac nous a présenté en quelques mots la réalisatrice et son film.

La Cour de Babel est un documentaire très émouvant et plein d’espoir, avec des jeunes pleins de talents aux échanges vifs qui soulèvent de nombreuses questions autour de l’éducation, le vivre ensemble, la religion, l’immigration…

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La cour de Babel nous montre aussi une image plus positive qu’à l’habitude de l’éducation nationale, comme le souligne Louisette Guibert, inspectrice d’Académie honoraire et adhérente de Ciné Femmes, venue témoigner lors du débat qui a suivi la projection.

Elle nous a expliqué que tout nouvel arrivant entrant sur le territoire français et âgé de 3 à 16 ans a pour obligation d’être scolarisé, même si ses parents ne sont pas régularisés.

Après quelques échanges et réactions autour du film, nous avons retrouvé l’équipe du Cinématographe, et notamment Simon Hindié en charge des publics au Cinématographe.

Une sacrée salle

Première salle de cinéma fixe à Nantes en 1908, le Cinématographe a auparavant été la chapelle du couvent des Carmélites, une prison pour prêtres pendant la Révolution, un temple protestant, un atelier de serrurerie… et, enfin, un cinéma : l’American Cosmograph, qui devient le Celtic, en 1983, le lieu est racheté par Jean-Serge Pineau, le gérant du Katorza, pour pouvoir proposer plus de films. Il appelle ce cinéma Le Cinématographe et l’aménage dans sa forme actuelle. À l’achat du Katorza par la SOREDIC, l’exploitation du Cinématographe va vite s’arrêter et la salle reste alors inexpoitée.

A l’occasion du centenaire du Cinéma en 1995, des associations se sont regroupées dans l’association " les cents années Lumières" pour redonner vie à cette salle.
Depuis 2001, l’association "Ciné Nantes", devenue "le Cinématographe, Ciné Nantes, Loire-Atlantique. gère le lieu et propose une programmation collective et éclectique.

Au-delà de l’histoire du lieu, nous avons pu aborder les aspects plus techniques et financiers de la gestion d’une salle de cinéma indépendante. Quand l’objectif n’est pas la rentabilité mais l’accessibilité, on n’est pas à l’abri des problèmes financiers ! Pourtant la salle a un taux de fréquentation record, avec une moyenne de 44 spectateurs par séance (alors que la moyenne nationale est à 26).

L’envers du décor

La visite s’est continuée à l’étage, où Clément, projectionniste, nous a montré la cabine de projection.

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Le Cinématographe est équipé d’un projecteur 35 mm, 16 mm et numérique. Le projectionniste nous a parlé de l’évolution de son travail et du passage si rapide de la pellicule au numérique.

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Le projecteur numérique (à gauche), côtoie son prédécesseur le projecteur à bobine (à droite), encore utilisé pour de nombreux films présentés au Cinématographe

Les gérants du Cinématographe ayant à cœur l’accessibilité, ils se sont dotés du système Fidelio, des petits boitiers qui permettent aux handicapés visuels et aux malentendants de bénéficier d’une audiodescription et/ou d’un renforcement sonore.

Pour finir, nous avons eu la chance de visiter le balcon, habituellement inaccessible au public : de vieux fauteuils rouges et un joli point de vue sur la salle.

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Un compte-rendu rédigé par Maxime F., participant à la visite et réalisateur indépendant, et Mathilde, Coordinatrice des visites des Coulisses