On a visité les coulisses du Montage de l’expo Ponti au Jardin des Plantes

Star du Jardin des Plantes de Nantes pour la troisième année consécutive, Claude Ponti a cette année encore imaginé des créations toutes plus folles les unes que les autres, que jardiniers et artistes décorateurs ont fait sortir de terre.
Le jeudi 18 juin, nous avons eu la chance de visiter les coulisses du montage de cette exposition avec Krystel Wlodarczik, jardinière botaniste.

Mais comment toute cette histoire a-t-elle commencé ?

Jacques Soignon, directeur du Service des Espaces Verts et de l’Environnement de Nantes, qui a gardé son âme d’enfant, a un jour lu Georges Lebanc, un livre de Claude Ponti. Et ce banc lui a rappelé ceux qui peuplent son quotidien : les bancs du Jardin des Plantes.

Lorsqu’il a été question de convier un artiste pour imaginer des œuvres pour le Jardin des Plantes, il a évoqué Claude Ponti.
Par chance, George Lebanc, de même que son ami Blaise le poussin, ne sont pas farouches et ont trouvé très agréable d’élire domicile dans ce parc bucolique.

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Ponti a réalisé des dessins, que les jardiniers ont traduit en fleurs. Je dirais même plus : en mozaïculture, un art très développé au Canada mais qui était tombé en désuétude en France.
L’écrivain s’est promené dans le jardin et a inventé des histoires autour des arbres et des plantes...et bien plus encore !

Faire participer tout le monde à un grand rêve commun

Ponti fourmille d’idées et il les fait partager. Dans tous les sens du terme.

Tous les jardiniers et artistes que nous avons croisés au cours de la visite nous ont dit la même chose : leur chance et leur bonheur de vivre cette émulation, de prendre part à un travail d’équipe mêlant de nombreux corps de métiers... « Notre job est sympa et on ne s’en lasse pas », nous confie Catherine Billiou, responsable technique du jardin.

Claude Ponti propose une trentaine de dessins et, après discussion avec les programmateurs et les jardiniers, seuls une dizaine sont retenus. Loin d’imposer son univers, il laisse les jardiniers, les équipes techniques du SEVE (menuisiers, métalliers, peintres) ainsi que des artistes et techniciens extérieurs (potier, ingénieur du son, céramiste...) le développer avec lui. Un décorateur nous explique : « Ponti n’est pas un mécanicien, c’est un poète. Il propose ses idées et nous on voit comment c’est faisable ou non techniquement ».

Ponti aime aussi faire participer les Nantais et les visiteurs.
Ce sont des enfants qui ont réalisé les « Cloches en pots » et les «  têtes en pots », ainsi que les petits champignons de la « Cascade de rires ».

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De très nombreux Nantais ont participé au défi « 1000 coussins pour 1000 poussins » qui ont permis de réaliser la piscine de coussins qui se trouve dans l’Orangerie.

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On a retrouvé notre grand coussin vert, réalisé dans le cadre de la visite de l’Orpan en avril !

Enfin, cette année il a souhaité que toutes les œuvres soient interactives.

Une logistique gigantesque

Pendant la visite nous en avons appris plus sur le challenge que constituent de telles réalisations.
Par exemple, pour réaliser le Sous-Fleurs, il a fallu 23 m3 de terre, 5 camions, installer une machinerie, 45 jours de travail pour les métalliers pour réaliser la structure, 460h de travail pour les jardiniers et 4200 plantes (des bégonias, des achyranthes, des feuilles alternes...). Les plantes doivent être commandées 1 an avant l’événement, puisqu’il en faut 22 000 pour réaliser toutes les œuvres !
Pour mettre en action la machinerie du Sous-Fleurs, on tourne la manivelle et... On garde le secret de ce qu’il se passe, venez le découvrir par vous même !

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Qu’est-ce qui se cache sous les fleurs ? Un crocodile ? Une tortue ? Un Tortodile ? Non, une taupe !

Les créations doivent être taillées une fois par semaine pour pouvoir garder leur forme.
Rentrant d’un long voyage, le célébrissime poussin avait besoin d’une petite coupe !

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Krystel nous explique que le stress diminue chaque année, notamment grâce à une plus grosse équipe et un savoir-faire de plus en plus développé.

Certaines œuvres vont devenir pérennes, le Dormanron par exemple, mais aussi les bancs, tous plus fous les uns que les autres : le banlançoire, les bancs processionnaires, les togobancs, les causeuses, les siestobancs (qui peuvent aussi permettre de faire des abdos)... Bref, il y en a pour tous les types de flâneurs.

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En résumé, si vous voulez vous évader dans un monde parallèle et retrouver votre âme d’enfant, passez au Jardin des Plantes cet été !

Mathilde, coordinatrice des Visites des Coulisses