On a visité les coulisses du Festival des 3 Continents

Le 28 novembre nous avons eu la chance de découvrir les coulisses d’un festival de cinéma international incontournable à Nantes : Le 37ème Festival des 3 Continents ! Avec plus d’une centaine de films programmés sur une semaine, projetés dans de nombreuses salles de cinéma nantaises, nous avons pu découvrir une cabine de projection du cinéma le Katorza.

Une cabine de projection

Nous avons été accueillis par Olivier, chef opérateur du Festival des 3 Continents, depuis la première édition ! Il faut une dizaine d’années de formation pour atteindre cette qualification. La salle était assez bruyante, car un film était projeté au moment de la rencontre et la soufflerie, lorsqu’un film en numérique est diffusé, est assez impressionnante. Olivier nous a raconté l’histoire du Katorza, qui programmait du cinéma standard jusque dans les années 1930 avec des écrans triplés. Ce cinéma a été indépendant jusqu’en 1995, où il a été racheté par le groupe Cinéville. Il reste toujours dans sa programmation un cinéma d’art et d’essais et il s’engage sur des contrats de minimum 3 semaines de projection.

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De la pellicule au numérique

Olivier nous a ensuite expliqué le passage de la bobine de 35 mm à du fichier numérique. Il nous a donné à chacun un morceau de pellicule argentique en polyester. Il nous a montré qu’on peut étirer ce type de film mais difficilement le casser, car c’est très résistant. Par contre, ce support est très vite inflammable surtout avec les lampes très puissantes qui sont utilisées pour projeter le film sur l’écran. Des morceaux de pellicules partent vite en fumée si le projectionniste n’est pas en alerte constante.

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 « - Où est stocké le son ? », questionne un participant.
« - Ce sont des pavés numériques incrustés entre les trous de la pellicule. » 

Au début des années 2000 apparaissent les premiers films en numérique. Mais au départ les yeux étaient aveuglés lors des projections, car la lumière était trop violente sur ce support. Des lampes adaptées ont été conçues pour palier ce problème visuel.

Le passage au numérique a permis de faciliter la diffusion des films, grâce notamment à un gain de temps et d’argent au niveau du transport. Les bobines de 35mm contiennent 500m de pellicule et pèsent chacune 50kg, ce qui est bien différent du poids et de la taille d’une clé USB. De plus, les bobines dans les sapeurs (les boites noirs rondes) ne se conservent pas très longtemps et ce type de support nécessite des écrans beaucoup plus grand. Aujourd’hui, les salles sont adaptées pour projeter du film numérique et non du 35 mm. C’est un support qui est en voie de disparition.

L’organisation du Festival des 3 continents

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 « - Qui fait la programmation ? », questionne un participant.
« - Les permanents du festival, notamment le directeur artistique, décident des films sélectionnés. » 

Ensuite, nous avons eu la chance d’aller découvrir le « Café des 3 Continents » à Cosmopolis en compagnie de Thomas, bénévole pour la 2ème année consécutive au Festival des 3 Continents. Il nous a expliqué en détails l’organisation de ce festival. Tout d’abord, il y a une étape de sélection qui se déroule très longtemps à l’avance, exclusivement ciblée sur des films tournés en Afrique, en Asie et en Amérique. Le festival essaye de ne programmer dans la sélection officielle que des films récents produits dans l’année. L’autre critère important est que le film sélectionné doit être présenté pour la première fois en France.

Il y a aussi des films programmés pour des thématiques choisies. Cette année il y avait, par exemple, des films sélectionnés autour de la conférence tricontinentale qui a eu lieu il y a 50 ans. Une rétrospective avec d’anciens films et des documentaires étaient proposés pendant la semaine du festival.

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 « - Quelle est l’importance de ce festival en France ? », demande un participant.
« - Pour le CNN, le Festival des 3 Continents est classé dans les 10 festivals de cinéma les plus importants en France. » 

Il y a 5000 à 6000 entrées scolaires pendant la semaine du festival. Dans le cadre d’un partenariat, les écoles viennent nombreuses voir des films projetés lors de cet événement nantais.

Thomas nous a aussi expliqué l’importance pour les réalisateurs et réalisatrices de pouvoir montrer leurs films à l’étranger, car parfois ils ne peuvent pas le faire dans leurs propres pays pour des raison de législation. C’est une véritable passerelle que leur propose ce festival. Ainsi, ils peuvent rencontrer des producteurs européens qui parfois rachètent leurs films et leur trouvent un réseau de distribution et donc de diffusion en Europe.

En parallèle, le festival propose un atelier « Produire au Sud » qui est une plateforme de formation qui permet à des réalisateurs de présenter leur scénario et ainsi d’avoir des retours dessus. Les personnes inscrites à cet atelier travaillent ensemble une semaine pour échanger sur des outils de production et permettre de trouver des financeurs. Cela permet un brassage sur le coté créatif de la production cinématographique.

Nous avons fini cette visite en allant découvrir un film de la sélection officielle « Oyster Factory » de Kazuhiro Soda. C’était un documentaire sur une usine d’huître au Japon, un échange très intéressant entre le public et le réalisateur a eu lieu à la fin de la projection. Plus de photos sur notre page facebook !

Le palmarès du 37ème Festival des 3 continents :

  • Prix du Jury Jeune : Mekong Stories de PHAN DANG Di
  • Prix du public Wik-Fip : Happy Hour de Ryusuke HAMAGUCHI
  • Mention spécial du jury : Neon Bull de Gabriel MASCARO
  • Montgolfière d’Argent : Happy Hour de Ryusuke HAMAGUCHI
  • Montgolfière d’Or : Kaili Blues de BI Gan

Fanny, coordinatrice des Visites des Coulisses