On a visité les coulisses du parc du Grand Blottereau

C’est sous un temps lourd, quasi tropical, que nous avons visité, jeudi 2 juillet, le parc exotique du Grand Blottereau.

Pascal, le jardinier qui s’occupe plus particulièrement du jardin à la française et du jardin au naturel du parc du Grand Blottereau, nous a accueillis et a guidé la visite de la partie extérieure du parc.
Il se sent un peu comme chez lui dans le parc, puisqu’il en parcours les allées depuis presque 40 ans ! En effet, en 1977, il était élève au lycée horticole qui jouxte le parc.

Un château inoccupé et son jardin à la française

Nous avons découvert l’histoire du château et du parc. Pour les curieux, vous pouvez découvrir la chronologie de la vie mouvementée du parc ici.

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Le Grand Blottereau est le plus grand parc de Nantes avec 22ha accessibles au public, auxquels il faut ajouter les serres, le lycée horticole, les dépendances, les installations de sport et la pépinière municipale.

C’est dans ce parc qu’a lieu chaque année la "Folie des plantes", l’une des plus importantes exposition-vente de plantes en France, qui aura lieu cette année le week-end du 5 et 6 septembre et aura pour thème "Mobiles et volubiles".
Notre guide nous explique ce thème : ""Mobiles", comme les plantes grimpantes : on en a planté beaucoup, même sur les buis. C’est n’est pas vraiment dans le classique des jardins à la française...mais on se lâche !
Et puis "Volubiles", c’est comme les jardiniers qui parlent trop...donc cette année je suis pile dans le thème !
"

Certains ont regretté qu’il n’y ait pas plus de cartouches donnant les noms des arbres et des plantes. Notre guide nous a expliqué que c’est voulu : ce n’est pas un jardin botanique, comme le jardin des plantes, et puis ça oblige à parler aux jardiniers !

Voyage autour du monde en plein coeur de Nantes

Le grand Blottereau est un parc exotique. Dès 1903 y ont été installées les serres de l’Ecole d’Agronomie Coloniale. L’idée était que ses élèves puissent reconnaître les plantes et les fruits une fois dans les colonies. Si nous voyons de nos jours des Ananas et des Noix de coco sur les étals de supermarchés, c’était, à l’époque, très rare d’en voir.

En hommage à ce passé, le parc est aménagé avec 5 espaces rappelant les 5 continents.
Nous avons commencé par visiter la Rocaille Méditerranéenne, qui rappelle le massif de l’Estérel.
Notre guide a concédé que ce n’était "pas le plus dépaysant", mais nous a tout de même fait découvrir des plantes, comme les fleurs de Chicorée, et des arbres, comme le Jujubier.

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Une participante, elle, trouvait ça très dépaysant : « ça sent le maquis corse !  ».

Après être passés devant la stèle solaire, nous avons traversé la bananeraie. Cette fois notre globe-trotteuse se serait crue à la Réunion.
Nous vous l’avions dit que ce serait un tour du monde en deux heures !

Ensuite, direction le jardin coréen, à ne pas confondre avec le jardin japonais de l’île de Versailles, ça pourrait en vexer certains...
Nous y avons même découvert une petite rizière.

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Le pavillon et l’enclos aux pots ont été offert à la ville par la Corée.
Fait surprenant : pas de pots dans l’enclos ! Ils ne sont en fait sortis que quand la délégation coréenne est présente, sinon " il faudrait un policier dans chaque pot ", plaisante notre guide.

Le pavillon était réservé aux hommes et servait à la prière. Encore une fois, notre guide nous a fait rire : "Aujourd’hui ce sont plutôt des buveurs de bière qui viennent y méditer !"

Après un petite tour au Bayou américain, nous nous sommes rendus à la dernière étape de la visite extérieure du jardin : le jardin au naturel.

La gestion naturelle du parc

Le parc a reçu le label Eco-parc, qui récompense une gestion écologique et naturelle, utilisant moins de désherbant et laissant les plantes pousser sans chercher à tout contrôler. "On essaye quand même de garder ça propre, de ne pas laisser pousser des plantes invasives. Mais de toute façon, « propre », au jardin, ça ne veut rien dire."

Pascal nous a expliqué que les modes changent. Par exemple, les saules pleureurs sont beaucoup moins en vogue aujourd’hui qu’autrefois et on en plante peu. Mais les pratiques aussi changent avec les années :
"Parfois on fait des choses, en tant que jardinier, juste pour montrer qu’on sait faire, alors que ça ne sert à rien..." 

Un exemple de la gestion écologique du parc :pour le paillage, les jardiniers utilisent de la pelouse sèche issue de la tonte. Pas de gâchis !

Mais la biodiversité n’est pas que végétale...Parfois, des rats viennent élire domicile dans le compost. Espiègle, notre guide nous explique : « C’est bien, ça brasse le compost, c’est pratique, mais je leur dit de ne pas faire trop de bébés  ».

Pascal ne voulait pas marcher sur les plates-bandes de sa collègue Magalie et nous étions déjà en retard pour la visite des serres. Il a donc hésité à nous faire entrer dans le jardin au naturel. Mais face à l’insistance des participants, nous avons obtenu d’entrer dans le jardin secret qu’est le jardin au naturel du parc.

Ce jardin au naturel a des vertus pédagogiques : montrer comment on peut faire du jardinage de façon plus respectueuse, avec des plantes locales, pas de floraison spectaculaire, ni de couleurs criardes, très peu d’arrosage, pas de désherbage...

Nous y avons découvert une sculpture du petit prince en train de déraciner les Baobabs, réalisée en Afrique avec des matériaux de récupération. Pour Pascal cette métaphore est représentative de ce que signifie une gestion naturelle du jardin : il est parfois nécessaire de désherber les plantes invasives pour maintenir la biodiversité.

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Les serres et leurs secrets

Nous avons du presser le pas pour rejoindre les serres où nous attendait, Magalie, jardinière botaniste, qui nous a fait découvrir les serres du parc.
Dans les serres du Grand Blottereau, on trouve surtout des plantes utilitaires des pays tropicaux. Utilitaires veut dire qu’elles peuvent être utilisées pour l’alimentation, le bois, le textile, les cosmétiques et les médicaments.

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Au cours d’un exposé passionnant, nous avons appris des quantités de choses : les mensonges publicitaires sur la fleur de vanille (celle présenté étant souvent une fleur de Frangipanier), la signification des fleurs dans les cheveux des tahitiennes, des recettes contre les parasites (par exemple une sorte de vinaigrette à base d’huile et de vinaigre blanc), que, comme chez le cochon, « tout est bon dans le baobab », comment poussent un ananas, du coton ou encore de la vanille...

Mais nous n’allons pas vous révéler tous les secrets de cette partie de la visite, puisque des visites gratuites des serres sont organisées tous les mercredis et les week-ends !

Alors n’hésitez pas à vous rendre dans ce parc dépaysant pour faire un pique nique, méditer au pavillon coréen, passer le nez par dessus le jardin au naturel pour discuter avec les jardiniers, ou encore visiter les serres !

Mathilde, coordinatrice des Visites des Coulisses