On a visité « Les dessous de Nantes-Ouest »

Dimanche 8 mars, Sylvie Chedemail, ancienne professeure de géographie au lycée Guist’hau , nous a fait découvrir les secrets des quartiers de l’Ouest de Nantes, de Canclaux à Guist’hau, en passant par Mellinet et Zola. Elle nous a invités à lever le nez et à découvrir les merveilles d’un quartier beaucoup moins visité que le centre-ville, mais qui mérite le détour !

Une balade dominicale sous un soleil printanier

Même le soleil est au rendez-vous dimanche dernier à 15h derrière le lycée Guist’hau pour la Visite des Coulisses « Les dessous de Nantes Ouest ».
Sylvie Chedemail, notre guide pour les deux prochaines heures et les cinq prochains kilomètres, commence par nous présenter les caractéristiques globales du quartier, lieu de contact entre Nantes et Chantenay.
Après avoir dévalé la rue Marie-Anne du Boccage, nous nous retrouvons à l’endroit où se trouvait l’immeuble de l’Octroi, une taxe imposée à ceux qui venaient vendre leurs marchandises à Nantes. Construit sur un terrain marécageux, l’immeuble s’est un jour enfoncé d’un étage et on devait y entrer par les fenêtres.
Dans un constant aller-retour entre le passé et le présent, Sylvie Chedemail fait apparaître pour nous les lieux du passé et oriente notre regard vers les traces encore visibles.

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les participants tentent de se représenter la Chézine, puis le Tramway traversant la place Canclaux

Pas de sentimentalisme ou de passéisme dans les anecdotes racontées, notre guide casse nos élans de désespoir face à cette campagne rattrapée par la ville : « N’imaginez pas un charmant petit ruisseau bucolique enterré par la construction de la place Canclaux, c’était un égout à ciel ouvert », ou nos idées préconçues sur la conservation du patrimoine : « Des immeubles du XIXème ont été détruits pour construire ces immeubles modernes, mais c’était bien mieux comme ça : ils étaient complètement insalubres. Personne n’aurait voulu y vivre ! »

Un quartier hétéroclite

Si cette visite nous a montré quelque chose, c’est bien à quel point le quartier est hétéroclite. On trouve de tous les styles et pas une maison ne ressemble à sa voisine.
Chacun y a construit selon ses goûts et ses lubies, comblant parfois les trous entre deux édifices déjà présents, pour le meilleur et pour le plus surprenant.

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Une maison surprenante avec des têtes d’animaux sculptées - Place du Petit Bois
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La même maison, sur le côté
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Une maison style « Pompéi » - rue Monselet

On passe d’un grand axe bordé de maisons bourgeoises à une rue sans prétention avec de petites maisons d’un étage, puis à des ruelles où on oublierait presque qu’on est à 15 minutes à peine du centre-ville.

Apprendre à lever le nez du trottoir

Un certain nombre de participants habitent le quartier. La plupart n’avaient jamais vu toutes ces maisons incroyables, pourtant situées à deux pas de chez eux. La visite nous a aussi permis de réfléchir sur la façon dont la ville s’est étendue vers les campagnes, de repenser au fait que les rues que nous arpentons tous les jours ont une histoire. La plupart n’existaient même pas il y a 100 ans, ou ne ressemblaient pas du tout à ce qu’elles sont aujourd’hui et se sont modifiées constamment au fil des ans.

Zone de contact entre Nantes et Chantenay, siège d’une urbanisation peu organisée, ce quartier nous a révélé ses secrets et nous ne le verrons plus jamais pareil.
Maintenant que nous avons appris à regarder autre chose que nos chaussures, nous allons continuer à lever le nez, à Nantes et ailleurs.

Mathilde, coordinatrice des Visites des Coulisses