1 nuit parmi 1001, en compagnie de La Lune Rousse

Ce soir, j’ai un rendez-vous amoureux avec un prétendant peu ordinaire : un spectacle. Et pour cette première rencontre originale, nous nous retrouvons dans un petit théâtre charmant de centre ville : le Terrain Neutre Théâtre (TNT).

Je découvre le lieu en entrant dans son hall d’entrée. Une cloche retentit, c’est mon rendez-vous qui m’attend.
Alors comme lors d’un premier tête-à-tête, j’entre timidement dans cette salle intimiste en regardant autour de moi et m’assois enfin. Est-ce qu’il va me plaire ?

Je discerne alors de doux chants d’oiseaux. La scène s’allume. Elle est éclairée d’une lumière chaleureuse et est coupée en diagonale par un grand tapis rouge au sol. De beaux rideaux turquoise et fuchsia descendent du plafond. Je me détends dans mon fauteuil. Yeux grands ouverts et oreilles attentives, je suis prête pour rencontrer « La grande traversée des 1001 nuits ».

JPEG - 47 ko
© La Lune Rousse

Mon rendez-vous amoureux est un peu timide…

Une comédienne, habillée d’une tunique orientale, ainsi qu’un musicien entrent sur le plateau. Ce dernier commence à jouer du cymbalum, instrument qui émet un son original mais que mon ouïe a du mal à apprécier.
La comédienne débute alors le premier récit des 1001 nuits : l’histoire de Shéhérazade. Je dois avouer que je n’ai pas choisi de rencontrer ce prétendant par hasard. Les 1001 nuits me fascinent. D’autant plus le personnage de Shéhérazade, cette femme qui a trouvé un fin stratège pour ne pas se faire tuer par son mari assassin : lui conter des récits passionnants chaque nuit et le laisser en attente avec une histoire inachevée au lever du jour.
Pourtant, je ne trouve pas la comédienne très à l’aise dans son rôle. Se dévoile t-elle entièrement ou se réserve t-elle pour la suite ?
Mes sentiments sont mitigés mais mon intuition me dit de rester. Comme chaque rencontre, il faut se laisser le temps de se découvrir afin d’être plus naturels.

…puis il est plus à l’aise et me fait rire.

Deux nouveaux musiciens entrent sur scène et se mettent à jouer de l’accordéon, de la flûte et du violoncelle. La musique évolue et se perfectionne. La conteuse met plus d’entrain, d’enthousiasme et d’humour pour l’histoire d’Amenecer. Je me retrouve soudain à la place du roi, mari de Shéhérazade et je me sens maintenant suspendue aux lèvres de la comédienne. « N’arrête pas ton récit s’il te plait, continue de me faire voyager ! ». Elle ne devine pas mes pensées, ou peut-être que si, mais elle joue avec le suspens et donc décrète l’heure de l’entracte ! Je m’oriente vers l’entrée du théâtre. La lumière m’éblouie (comme celle du lever du soleil…). Ce temps de pause est accompagné de gâteaux orientaux et de thé à la menthe. Je commence à être séduite.

Il m’enivre, je suis conquise.

JPEG - 1.3 Mo
© Pesberg

Lorsque le spectacle recommence, des pétales de roses sont au sol. La lumière est maintenant violette orangée. L’ambiance de la pièce s’est réchauffée. Le public est en plus petit nombre pour cette dernière partie du spectacle.
La comédienne apparaît, assise sur de beaux coussins en velours, avec un instrument dans ses mains : un tampura. Ses paroles se dévoilent, se libèrent pour conter « les femmes de Bagdad ». Ses mots sont ponctués d’une pointe d’érotisme tout en restant beaux et fins. La musique m’enlace, des frissons frôlent ma peau. C’est envoutant.
Finalement, la comédienne se tait. Mon rendez-vous amoureux touche à sa fin et j’en sors définitivement conquise. Et en une soirée, Shéhérazade - ou plutôt devrais-je dire la compagnie La Lune Rousse - m’a transportée, m’a fait voyager. Quelle nuit !

Christelle D.H


Aperçu du spectacle

Anne-Gaël GAUDUCHEAU : Récit, chant et tampura
Pascal VANDENBULCKE : Accordéon et flûtes
Stéphane OSTER : Violoncelle
Mihaï TRESTIAN : Cymbalum