2 jours avec Tolstoï

Rachel qui rentre chez elle comme chaque soir, se trouve nez à nez avec un homme, qui prétend être Leon Tolstoi et vivre dans cet appartement depuis des années.
S’en suit un dialogue entre ces deux personnages singuliers, qui sont d’abord dans la confrontation et l’agressivité.
Imaginez vous vous retrouver chez vous, face à une personne qui prétend vivre chez vous, il y a de quoi être perturbé !
La pièce se poursuit, la tension reste palpable, les personnages cherchent du sens derrière l’absurdité de cette situation.

Et c’est bien là le thème principal de cette pièce, l’absurde et l’identité. Chacun défend son identité, arrivant à tours de rôle à prendre le dessus sur l’autre, à remettre en cause son existence même, dans une joute verbale parfaitement maîtrisée.

Des acteurs énergiques, un joli duo, une comédienne particulièrement convaincante dans le passage d’une émotion à une autre, et dans son rôle femme à la fragilité apparente qui se défend bec et ongle.

Pour ce qui est de la mise en scène, le public entoure les comédiens, ce qui donne à ce 8 clos une sensation encore plus oppressante. il est presque dérangeant au début d’être si proche d’eux, nous avons l’impression d’être presque assis sur le canapé à leurs cotés, assistant à une dispute, rentrant dans leur intimité.
Cette sensation finit par disparaître.
Le théatre la ruche, est un théatre que j’affectionne particulièrement, si petit, il maintient en ses murs la chaleur et les energies qui se dégagent de nos deux comédiens habités.

Le seul point négatif, là où j’étais assise je ne pouvais pas voir la comédienne entrer en scène, je n’ai pas pu voir ses réactions au moment ou elle entre dans l’appartement. Il y avait un angle mort.
Et j’aurai eu besoin de plus de répit, si les textes sont bien maitrisés, cela manquait de moments de communication non verbale.

Un huit clos bien écrit et très bien joué, dans un lieu chaleureux.

Nastasia