A bien y réfléchir, et puisque vous soulevez la question, il faudra quand même trouver un titre un peu plus percutant.

Ils remettent le couvert, les 26000, et cette fois en intérieur : au Grand T, car il fait un peu froid. Ils ne sont pas 26000 mais c’est tout comme. Car comme il sont 12 sur scène, et à peu près 2167 chacun dans leur tête, le compte est - presque - bon !
A voir du 14 au 19 mars 2016 au Grand T, et en tournée dans presque toute la France.

Quoi de mieux que le rire pour parler de la mort ? Les 26000 couverts proposent une fausse répétition de leur prochain spectacle. D’ailleurs, la chargée d’action culturelle du Grand T vient sur scène au début et nous précise bien que rien est abouti. Elle nous montre fièrement le travail des 26000 couverts avec le milieu scolaire : ils organisent des ateliers de sensibilisation au tri sélectif avec Françoise, ici présente. Enfin, un bord de scène aura lieu avec le public à la fin du spectacle, le « débat ».
Oui, mais si c’est une fausse répétition, la chargée d’action culturelle est-elle vraie ? Le débat aura-t-il lieu ?

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Lorsque un projecteur tombe sur la scène et manque de tuer un comédien, lorsque Françoise tue le metteur en scène car elle ne supporte plus qu’il se moque de son amant Jean-Jean, fantôme du Grand T, on réalise que rien n’est vrai. Nous assistons à la répétition d’une fausse répétition : du théâtre dans le théâtre...

Le spectacle se déroule autour de petits sketchs singeant les « morts stupides » tout en histoires drôles : avez-vous déjà entendu parler de la mort stupide par selfie ? C’est un homme aux Etats-Unis ou en Russie – je ne sais plus – qui veut prendre un selfie avec son pistolet sur la tempe. Et puis il se trombe de doigt... Ou encore concernant le choix d’après : c’est une grand-mère dont le petit-fils lui demande si elle préfère être incinérée ou enterrée. Celle-ci répond incinérée, pour pouvoir mettre ses cendre sur le parking du Leclerc. Son petit fils s’étonne, et elle répond qu’au moins comme cela, sa famille viendra lui rendre visite deux fois par semaine.

Il y a aussi Le Mexicain, présent dans le spectacle car Philippe le metteur en scène, est allé au Mexique et l’a recruté, histoire de toucher plus de subventions. Seulement voilà, le mexicain est recherché par le cartel de la drogue qui surgit, armes à la main, dans la salle. Les deux hommes viennent apporter de la drogue, que le mexicain doit transporter : un des hommes du cartel fini par confondre son inhalateur avec son pistolet... Et se tire une balle.

Petites scènes complètement déjantées avec une opérette en prime, jusqu’à ce Philippe surgisse dans la salle pour dire « STOP ! » : ça ne va pas. Sauf que ce n’est pas le vrai Philippe bien sûr ! Tout ceci fait encore partie du spectacle. Le vrai Philippe surgit alors... Mais est-ce bien lui ?
Car non Philippe, c’est elle, la quinquagénaire du groupe !

On ne sait plus déceler le vrai du faux, il n’y a plus de limites.
Un spectacle très bien écrit, qui semble sorti de l’improvisation des comédiens.

La salle se rallume : après les applaudissements, le débat. Sauf que les spectateurs choisis au hasard ne disent pas vraiment ce qu’ils veulent...

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A voir absolument, je n’ai pas autant ri depuis longtemps !

Et pour les aventuriers amateurs d’arts de la rue, à ne pas louper la présence des 26000 couverts (pour un autre spectacle) au festival Viva Cité à côté de Rouen (76) les 25 et 26 juin.

El Zazou.