A la salle Vasse, un grand bazar bien improvisé !

C’est un samedi. A 19h24, tu sors d’un resto du quartier Feydeau. Ta conscience te dit qu’il va falloir accélérer légèrement le pas si tu veux être dans le hall de la salle Vasse dans moins de 10 minutes. Pfff 19h30, tu es large ! Tu te lances en route pour le spectacle d’impro "L’instant" de la LINA (Ligue d’Improvisation Nantes Atlantique).

19h35, en nage mais tu y es.

On te glisse un papillon en papier dans les mains et on t’empresse d’y noter une idée. Une idée, il faut noter une idée. On te reprend ce petit brouillon et on le jette rapidement dans une cage à oiseaux. Là se trouvent d’autres papillons, griffonnés d’idées saugrenues d’improvisations pour les comédiens.

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A peine assise, tu remarques que le spectacle semble commencer, en apercevant cet homme qui vient de monter sur scène et qui regarde le public d’un air consterné, frustré. Après plusieurs applaudissements, il se glisse derrière un piano et explose en sanglots. Il commence à jouer une musique un poil sinistre puis plus dynamique.

Là, tu te dis que le spectacle de ce soir risque vraiment d’être farfelu, pour ne pas dire... barré. Et tu aimes cette idée. Alors tu te détends dans ton siège et attends avec impatience que les comédiens apparaissent.

Sur le chemin de l’impro

Ils sont là. Premier thème tiré par le quinquagénaire chauve : « Lâcher la prise de l’interrupteur ». Cà devient intéressant ! Le spectacle commence doucement. Tu penses que certains des comédiens ne sont pas encore complètement à l’aise avec l’idée tirée au sort.

Puis les thèmes s’enchaînent et le jeu entre eux s’améliore. « Traverser l’Atlantique en solitaire avec un avion électrique à piles ». Peut t-on improviser sur ces mots tout en rendant le spectacle animé et vivant ? Oui. D’accord. « Quand la rivière jaune s’épuise, le hérisson pique. » Comment peut on rebondir encore ? Avec brio, la LINA le fait. Tu vois sur ces planches des comédiens à l’imagination débordante, sans compter la grande participation de ce multi-instrumentiste, pas si déprimé que çà finalement.

Un oiseau fou avec un bonnet péruvien, deux copines hippies, un homme au ventre bedonnant coiffé d’une perruque de longs cheveux blonds, et un autre qui a peur du silence, un James Bond parlant une langue imaginaire. Tout y est. Mais ces comédiens n’abuseraient-ils pas des costumes burlesques pour nous amuser, au lieu de vraiment centrer l’improvisation sur les mots et la gestuelle ? Qu’en dis tu ? Peut-être un peu.

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Çà n’empêche que ce soir, sur la route de la folie, après quelques passages mitigés mais surtout de grands fous rires, tu as rencontré des artistes, des vrais !

Christelle D.H