Ambiance sombre à ONYX

Ciné-concert Dr. Jekyll & Mr. Hyde à ONYX avec Zone Libre

• Serge Teyssot-Gay (guitare) et Cyril Bilbeaud (batterie)
• « Dr. Jekyll & Mr. Hyde » réalisé par John S. Robertson, 1920

La soirée commence, le chemin vers ONYX est plongé dans l’obscurité. On entre dans ce grand cube noir massif et imposant. A l’intérieur, un espace lisse, des lumières artificielles, c’est métallique.

Le décor est posé. Minimaliste. La scène aussi, pas de fioritures ce soir où l’on accueille le 3e volet de la Série Noire.

Simple, sans détour, Manuel Adnot annonce la couleur en première partie. Seul avec sa guitare, il improvise, recroquevillé sur sa chaise en introspection dans un monde de sons aux accents parfois hispaniques, qui font voyager. Les boucles, les dissonances, les répétitions sont propres à l’exploration de la musique contemporaine faite par l’artiste depuis quelques années. Il improvise, le rythme s’accentue, retombe, bourdonne et chantonne au grès des accords.

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Dr Jekyll and Mr Hyde - Zone Libre © DR

Après un bref changement de plateau, les musiciens de Zone Libre s’installent. La lumière s’éteint pour laisser place au cinéma. C’est le film muet « Dr. Jekyll & Mr. Hyde » réalisé par John S. Robertson qui est projeté. Une incroyable performance du comédien John Barrymore dans le rôle principal, il transmet autant la belle aura du médecin altruiste que la folie dérangeante de l’abject Mr. Hyde. En Noir et blanc, c‘est un film obscure dont la portée résonne toujours presque 100 ans plus tard, ou comment le vice et le mal que notre société tente de rejeter et de cacher, prennent le dessus jusqu’à l’autodestruction.

La musique nous plonge, donc, dans une atmosphère inquiétante. La guitare est à l’image de l’acteur principal, tantôt douce et suave, tantôt agressive et assourdissante, parfois méconnaissable. La batterie est versatile, discrète, mais également capable de faire vibrer les spectateurs et ressentir le malaise, par empathie avec le drame qui se joue à l’écran. Habitués du genre, les artistes rythment cette sombre histoire à merveille. Ils profitent d’une pause inopinée, ah la technologie !, pour déployer leurs talents, et lorsque le film reprend c’est comme si, cette fois, les images s’adaptaient suivant la proposition des instruments.

Pari réussi pour ONYX, on est transporté du début à la fin dans cette ambiance ténébreuse avec des musiciens virtuoses qui expérimentent et composent devant nous !

Karine