Apéro Therapie au Théâtre de Poche Graslin

Caché dans une petite rue, le théâtre de poche Graslin surgit entre un café aux allures d’autrefois et un restaurant pour amoureux discrets. Une foule dense s’y engouffre en quelques minutes et je découvre avec plaisir l’ambiance chaleureuse d’une petite salle où le public est très animé.

Quand le rideau se lève, deux femmes se tiennent face au public autour d’une table. Ce sera le seul décors, la table, quelques journaux, et un ou deux accessoires comme un bonnet et une bouteille de vin, bouteille qui s’avèrera presque être le troisième personnage de la pièce…

Un duo enlevé se lance, d’abord timidement. On sent deux personnalités fortes coincées dans une relation sans profondeur (Gala et People à l’appui). Les conversations sont plates, sans saveur spéciale. Puis les premiers verres de vin aidant, l’atmosphère se détend, les langues et le langage se délient, et l’on rentre vraiment dans la pièce. L’action se résume aux discussions quotidiennes de deux colocataires. Les dialogues sont fluides et d’un grand réalisme, à tel point qu’on en oublie totalement que c’est du théâtre.
La relation entre ces deux femmes, à première vue banale et frivole, se dévoile au fur et à mesure à la fois plus intime et profonde, mais plus incongrue aussi.

En effet, l’humour est la clef de voute de tout le spectacle. Les retournements sont nombreux, le ton souvent cru et les personnages déjantés. Mais derrière ces apparences comiques, se cache une réflexion plus profonde sur la société d’aujourd’hui, sur les relations humaines et la vie en général à travers des thèmes comme la vulgarité, l’homosexualité, la peur de l’engagement, la pression sociale, etc…

Nos vies sont emplies de ces relations apparemment sans importance avec des personnes que l’on côtoie parfois pendant plusieurs années sans vraiment y prêter attention. Et il suffit de quelques verres de vin pour que la relation bascule … en une joyeuse thérapie ! Quel meilleur moment que l’apéro en effet pour philosopher et prendre un peu de recul sur sa vie ?

Le pari de cette pièce, en équilibre entre frivolité et profondeur, est largement tenu, et après avoir bien rit, l’on en ressort le cœur léger.

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