Aquaserge et Forever Pavot, pop métissée et musique exigeante

La salle de la Barakason se mérite, lovée entre une école et une salle de sport, elle demande quelques détours pour se révéler, enfin. Ce soir s’y joue les concerts de deux groupes français, Aquaserge et Forever Pavot, représentants d’une nouvelle scène de musique francophone.

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©Rémi Angeli

Un peu d’exotisme dans cette froide soirée hivernale, Aquaserge nous a offert un concert à la fois léger et exigeant. C’est la force de ce quintette, ils savent entremêlés les influences, des sonorités jazz, à l’ambiance pop, en passant par les musiques du monde. Il en ressort une étonnante émulsion sonore, positive et captivante. Les morceaux sont complexes, enrichis par d’étonnants changements de rythmes, ils se suivent avec joie et douceur. Concentrés, les musiciens nous entraînent dans leur étrange univers aquatique. Les mots flottent, se fragmentent et se répètent en cœur, on en perçoit des bribes, une poésie laconique et déroutante, rehaussée par l’intervention de la clarinette. À la fin du concert, vêtus de leurs tenues indiennes, les musiciens saluent la foule. Ils ont conquis le public.

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©Titouan Massé

Entrée en scène de manière christique, Forever Pavot débute son concert aux sons synthétiques de l’orgue. Ce live donne une nouvelle ampleur au dernier album imaginé par Emile Sornin, qui se cache derrière Forever Pavot. Le compositeur est aux claviers, il est accompagné pour l’occasion de quatre musiciens. Accents psychédéliques, mélodies pétillantes, et humour loufoque, il se dégage de cette performance une homogénéité, une touche forte et personnelle. Les musiciens complices offrent une énergie généreuse, les sons des claviers s’entremêlent à des samples, et des voix venues d’ailleurs. La flûte traversière vient ajouter un relief, un son acoustique et original. Le concert s’achève sur une envolée répétitive et improvisée, qui fait danser la foule. C’est un rappel long et incroyable durant lequel l’osmose entre les musiciens se révèle tout à fait.

"Passé après Aquaserge, ce n’est jamais facile" précise Emile Sornin. Et pourtant c’est avec splendeur et singularité que ces deux concerts se sont enchaînés. Une de ces soirées où l’on sort le pas léger, guilleret, sourire au lèvre, la tête remplie de musique bienveillante.

Julie K.