Autoportrait vivant de Sagan

C’est au Théâtre de Poche Graslin que Caroline Loeb incarne l’autrice de Bonjour Tristesse pour la première fois à Nantes dans Françoise par Sagan, après sa nomination l’an dernier au Molière du meilleur seul•e en scène. Attention à ne pas s’y tromper car l’illusion est réussie : lorsqu’elle entre en scène, c’est la véritable Sagan que l’on croirait voir apparaître en chair et en os !

On retrouve toute la légendaire spontanéité empreinte de naïveté de Françoise Sagan au travers de ce texte qui trouve ses origines dans l’ouvrage « Je ne renie rien », compilation d’interviews qu’elle a accordées entre 1954 et 1992.

Tout au long de la pièce, on (re)découvre sans jamais s’ennuyer les pensées de l’écrivaine un rien désabusée, entre poésie et philosophie, humour et gravité, et ce toujours dans la simplicité qui la caractérise. Françoise vous parlera avec ses mots d’adolescente, puis avec sa voix d’adulte, de la gloire, des relations de couple, de la mort, du bonheur, de l’écriture, de la solitude… entre autres ! Toute la salle se régale de ces opinions décalées, de son franc-parler et de son approche tout en finesse de la société qui l’entoure.

Parlant tantôt de sa philanthropie, tantôt de son incompréhension de la nature humaine, Sagan nous livre ses paradoxes sans pudeur ni faux-semblants dans une mise en scène sobre et réussie d’Alex Lutz qui prend le parti de la faire régulièrement s’éclipser pour réapparaître ailleurs, dans une nouvelle position. Un habile jeu d’éclairage et un décor découpant l’espace en trois parties distinctes mettent en exergue la personnalité à facettes de cette femme complexe.

Merci au Théâtre de Poche Graslin pour cette jolie programmation et pour l’accueil souriant dans ce quartier central et animé de Nantes. Ça donne envie d’y revenir !

Elisa F