Aux quatre coins de l’Europe musicale avec Eurofonik

Confortablement lovée dans les fauteuils de la Cité, j’ouvre mes écoutilles, prête à me laisser conter l’Europe et ses musiques.

De l’Occitanie…
C’est tout d’abord Miquèu Montanaro qui s’empare du plateau, seul. Enfin pas tout à fait car il est accompagné de sa flûte et de son galoubet-tambourin, fidèle à la tradition occitane, sa région d’origine qu’il a d’abord quittée pour « partir vers l’Ouest, traverser l’Atlantique », à la recherche de d’autres influences musicales. Mais c’est finalement sur la route des Balkans qu’il a trouvé sa voie, intégrant à son répertoire des instruments découverts en chemin (entre autres, une flûte slovaque).

…aux portes des Balkans
C’est au cours de ses pérégrinations orientales qu’il croisé la route de Marta Sebestyén, l’une des figures phares de la musique traditionnelle hongroise, célèbre notamment pour avoir chanté dans la bande originale du Patient Anglais ou avoir été reprise par le groupe Deep Forest il y a une dizaine d’années avec le morceau Marta’s song.
Lorsqu’elle entre sur scène pour la deuxième partie de soirée, on croirait voir une poupée hongroise surgir. Sa voix évoque les plaines de Transylvanie, la nature flamboyante des Balkans et la douceur de la langue hongroise, trop méconnue. Etonnamment, c’est par une musicienne issue de la musique baroque, Judith Andrejszki, qu’elle est accompagnée au clavecin. Car c’est l’un de ses leitmotiv : mêler les genres, les sons et les influences pour « créer des passerelles entre les cultures grâce à la musique ». A l’image de Béla Bartók, elle puise dans le répertoire des musiques traditionnelles pour alimenter son œuvre cosmopolite, à la fois ancrée dans les traditions sonores d’Europe Centrale et ouverte sur le monde. Pays niché au cœur de l’Europe, c’est une Hongrie aux multiples visages qu’elle chante, dessinant une mosaïque sonore où se croisent les chants traditionnels hongrois, moldaves et bulgares.

Voyage au bout de l’Europe
Un pied en Auvergne, l’autre en Irlande, c’est avec le quintet Voyage de Nuit que s’achève la dernière étape de ce périple musical. Peu banale, l’histoire de ce groupe a débuté à New York avec un duo qui s’est enrichi au fil de son histoire lorsque Nuala Kennedy, chanteuse irlandaise dont les influences galloises irriguent l’œuvre musicale et Philippe Guidat, guitariste flamenco ont invité des musiciens auvergnats, italiens et bretons à les rejoindre. A l’instar de l’auberge espagnole, chacun apporte son répertoire et ses influences dont la fusion produit des sons métissés : les percussions évoquent l’Afrique du Nord, la guitare flamenca le sud de l’Espagne, la flûte Irlandaise les collines verdoyantes du Connemara…

C’est au final une belle soirée où l’Europe des voix est à l’honneur, véritable tableau de sons et de couleurs, pour une musique qui abolit les frontières, au-delà des genres et des territoires.

Anaïs C.