Bernard Adamus à la Bouche d’Air, c’tait écœurant !

Le Québécois déjanté Bernard Adamus s’est produit jeudi 20 novembre 2014 à la Bouche d’Air/Salle Paul Fort. Récit d’une très belle soirée de découverte dans un langage bien de chez eux !

Pas envie de mettre le nez dehors, et puis…

Ostie de tabarnak, ce soir je n’ai pas envie de sortir, la journée a été difficile émotionnellement, j’ai les yeux dans l’même trou, dehors il fait frette,… Mais je me suis engagée à aller voir ce Bernard Adamus, que je ne connais absolument pas, donc j’enfile ma bougrine et j’y vais.
J’entre dans la salle Paul Fort et déjà l’atmosphère me plait. Les lumières s’éteignent, un type, crâne rasé sur le devant et dreadlocks à l’arrière, entre sur scène, le public commence déjà à applaudir, à crier et à l’interpeller. Wow, il est chaud le public nantais ce soir ! Il semble y avoir pas mal d’habitués et je commence à me sentir un peu comme à la maison.

Un cousin d’Amérique complètement capoté  !

Le gus sur scène (j’en déduis vite qu’il s’agit de Bernard Adamus) commence à faire swinguer sa guitare et nous demande : « Ça va ? ». Comme ça va nettement mieux asteure, on répond tous : « Ouiiiii !!!! » Et lui : « Ben ça va aller mal dans pas long » !, avec un étrange accent… Et oui, Bernard Adamus est québécois !

JPEG - 40 ko
Bernard Adamus - Crédits photo : Sébastien Dion

Ses chums (un batteur, un soubassophoniste et un banjoïste) et lui entonnent des tounes aux sonorités mélangées de country, de folk et de blues. On a envie de danser ! Mais parfois, il « se calme le pompon », comme il nous dit, et entonne des morceaux plus calmes. De sa belle voix puissante et éraillée, Monsieur Adamus nous parle d’amour, de ses blondes, de soirées alcoolisées, de rêves étranges dans lesquels il court après « l’p’tit Jésus » et « l’p’tit Jésus » lui court après… C’est en tout cas le peu que j’ai réussi à saisir car entre l’accent et les mots typiquement québécois, on a beau parler la même langue sur le papier, on ne se comprend pas toujours forcément ! Un peu frustrant car les textes semblent plein de sens et écrits avec soin.
L’artiste se moque aussi de nous, ses cousins français, de notre accent, du fait que, selon lui, on ne comprenne que 60% de ce qu’il nous raconte (pour ma part ça se situerait plus aux alentours de 25% !). Il se permet un humour et des remarques cinglants que nos artistes français n’osent malheureusement que trop peu et ça fait du bien.

J’ai bien fait d’venir, câlice  !

J’ai ben eu du fun ce soir et je suis tombée en amour avec cet artiste. Il m’a fait entrer dans son univers dès le premier riff de guitare. J’ai aimé le peu que j’ai compris de ses textes, son humour décalé, sa bonne humeur, son franc-parler, le swing des tounes et l’originalité de certains des instruments utilisés. Preuve en est que j’ai succombé au talent de ce Québécois capoté  : j’ai acheté son premier album en sortant de la salle !
J’adore ce genre de soirée : tout m’incite à rester à la maison et, au final, je passe un moment très agréable, je découvre un artiste que je vais mettre dans mon top 20 et je repars avec un album pour prolonger le plaisir à la maison ! A la revoyure !

Maud

P.S. : Ce concert était programmé dans le cadre de la saison culturelle québécoise « Oupalaï ! » en Pays de Loire qui se déroule de septembre 2014 à juin 2015.

Lexique de québécois :
Ecœurant : génial
Ostie de tabarnak : juron
J’ai les yeux dans l’même trou : je suis fatiguée
Frette : froid
Bougrine : manteau
Capoté : déjanté
Asteure : maintenant
Chums : copains
Tounes : chansons
Se calmer le pompon : se calmer
Blondes : petites-amies
Câlice : juron
J’ai ben eu du fun : je me suis bien amusée
Je suis tombée en amour : je suis tombée amoureuse