Bidules et bonne humeur : David Sire à la Bouche d’air

Changement d’heure, premières chaleurs : les spectateurs de la Bouche d’air se prélassent au-dehors, donnant à la soirée des airs de kermesse de fin d’année. Et je m’apercevrai bientôt qu’on n’en est pas si loin, pour l’aspect collectif et la foi innocente en l’homme professée par le concert auquel je m’apprête à assister. Mais aussi parce que David Sire est artiste associé à la Bouche d’Air, et que ce spectacle résulte d’un travail de terrain dans les quartiers de Nantes, un travail qui ramène salle Paul Fort un public nouveau.

David Sire, c’est un drôle de trublion, cheveux de Bozo le clown et prédilection pour les percussions corporelles. Son spectacle s’ouvre sur une chanson scandée - slamée qui interroge l’identité, personnelle et interpersonnelle : « C’est quoi toi ? C’est qui tout ces tois sous ce ce grand toit-là ? »

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Crédit photo : La Dépêche du Midi

Car c’est l’humain qui intéresse avant tout David Sire, le je, mais aussi et surtout le nous, comme le prouve le titre de son nouvel album à paraître. Fondateur de la « bidulosophie », il anime des « cercles bidules », d’Emmaüs à la maison de retraite en passant par les maisons de quartier et les lycées. Le principe, c’est que chacun amène un bidule, quelque chose qui lui tient à cœur, qui est visible ou invisible, quelque chose qu’il a envie de partager. A partir de ce matériau intime et collectif, David Sire créé des chansons, à l’ancienne – l’influence de Georges Brassens est manifeste.

Le partage est donc le maître mot de la soirée. Tant de bons sentiments auraient dû réveiller mon ironie latente, mais le bonhomme est si chaleureux qu’il emporte le morceau et réduit à néant mon cynisme. L’optimisme et la chaleur humaine ont vaincu !

Chloé Averty