Biga Ranx ou Gabriel : jeune français, prodige reggae

Entre performance vocale et débordement d’énergie, Biga Ranx révèle une « Dub Champagne » magique ce jeudi 6 octobre à la Barakason (Rezé).

Il l’appelle ainsi, son style, ou encore Rub-A-Lounge : musique posée, voire assez lente, avec de gracieux accords. Il explique pendant le concert la clé de sa musique : d’abord, des kicks de batteries. Ensuite, des machines pour donner de la basse et faire bouger les hanches. En ajoutant des contretemps, on obtient un ragga-style, auquel la guitare additionne la mélodie. « Pour que ça marche », il faut passer le tout à la console. L’ingénieur amplifie le son et donne de la révèrbe. Autre élément important : la lumière, pour voir ce qu’il se passe sur scène. Biga n’a plus qu’à poser sa voix ; et quelle voix ?! Le chanteur navigue entre reggae et hip-hop, tantôt singjay jamaïcain, tantôt rappeur américain.

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Il bluffe par l’énergie qu’il donne sur scène, voire hors-scène : au milieu du concert, il descend dans la fosse pour une performance incroyable où foule et scène ne font plus qu’un. Le public « s’enjaille » comme dit Biga, et tout le monde partage la même euphorie malgré l’éclectisme du public. Prochain titre ? « It’s a Shame » ; tube phare de son premier opus One Time (2011). Même si le « Nightbird Tour » fait la promotion de son dernier album, les nouveaux titres, chantés en français cette fois, se mêlent aux anciens, pour le plaisir de tous. Ça chante, ça danse et ce jeune blanc, un peu sec, à la casquette Ralf Lauren nous étonne toujours plus.

Le rappel dur une éternité. Il entame sa « chanson préférée », « Paris Is A Bitch » (Nightbird, 2015), habilement mêlée à son tout dernier single « Liquid Sunshine » (Juillet 2016). Les vibrations de la Barakason transportent les corps hors du temps sur des lenteurs planantes. C’est comme si l’ensemble du public s’abandonnait pour oublier qu’il faudra bientôt rentrer. Mais, surprise ! Biga Ranx continue son live avec toujours plus d’ardeur ; « Sexy » et « Brigante Life » propulsent encore une fois les spectateurs. Ça chante et ça danse, jusqu’au bout du son. La lumière s’allume, quelques personnes quittent les lieux, d’autres s’attendent à un retour de flammes. Biga fait cadeau à son public d’un deuxième rappel qui prolonge le concert jusqu’au dernier instant.

MICHEL Zoé