Bionic orchestra 2.0 ou mélange de simplisme et futurisme

Mardi soir, après le travail, je prends le tram pour rejoindre la salle Onyx près du centre commercial Atlantis. Vous savez, la salle Onyx ? De l’extérieur, c’est un grand carré noir posé sur le bitume. Elle est désormais affublée de deux yeux et d’une bouche ( les grandes portes d’entrée) comme si on pénétrait dans l’antre d’un robot. Et toute la décoration est pensée sous la thématique du robot avec quelques figurines en papier qui sont suspendues en l’air à l’intérieur.

Contexte de début de soirée

J’arrive dans le hall vers 20h15, le spectacle commence un quart d’heure plus tard. Il y a déjà un monde fou à patienter. La représentation que je suis venue voir est Ezra et la Compagnie Organic Orchestra. Perso, je ne connais pas du tout, mais je suis allée prendre quelques infos sur internet pour ne pas passer pour complètement inculte, avant la représentation. Qu’est-ce que dit sa bio ? Ezra est un membre actif et reconnu dans la domaine du beatbox international. Il aurait participé à de nombreux projets qui mélangent musique, vidéo, danse et scénographie. Cela promet pas mal !

Le projet qu’il va nous présenter ce soir, est assez original. Grâce à un gant connecté, Ezra est aux commandes de l’ensemble des sons produits sur scène (ou presque !). Par les mouvements de sa main, Ezra augmente le son ou le fait démultiplier dans la pièce, il contrôle aussi la lumière avec ses doigts. Le spectacle tournerait autour de la thématique "du rapport passionnel qu’entretient l’homme avec la machine". Maintenant que les informations sont prises, y a plus qu’à...

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Mélange entre simplisme et futurisme

La représentation va commencer, nous montons des escaliers pour entrer dans la salle. Quand nous arrivons dans le lieu du spectacle, nous nous installons sur une sorte de mezzanine. Le public s’assoit par terre, en se mettant bien derrière le cercle blanc défini au sol. L’essentiel du show devrait se passer là, au centre des spectateurs. Trois panneaux nous encerclent derrière nous. Pour l’instant ils sont noirs. Cela me plait bien comme état d’esprit, de revenir à l’essentiel pour une mise en scène.

La lumière décline, le spectacle commence ! On voit un homme qui arrive doucement au centre du cercle, complètement habillé de noir. Il commence par faire des bruits qui ressemblent à un hélicoptère ou à un gros insecte, cela dépend de notre imaginaire ! Le début du show est entièrement fait de sons à l’aide de sa bouche, de ses pieds. Ezra se met à parler mais quelle est cette langue ? Une sorte de mélange d’africain, de russe et d’extraterrestre !!!! (On apprendra plus tard que la langue est complètement inventée). Il bouge au rythme de ses sons, sans vraiment danser. Il se déplace autour du cercle en tapant des pieds comme pour donner du rythme à sa démarche.

Puis, à l’aide de son gant, il enregistre les sons buccales qu’il produit au fur et à mesure pour les transposer et pour en faire une sorte de mélodie. Deux personnes derrière des ordinateurs, en face de nous, suivent ses mouvements. On passe d’une musique entraînante, dansante à des morceaux beaucoup plus angoissants, presque oppressants. L’ambiance est renforcée par les panneaux derrière nous qui font apparaître soit des ombres soit des semblants d’images. Les sentiments se succèdent, où on est tour à tour, mal à l’aise, intriguée ou enchantée. J’avoue que si je n’avais pas lu le synopsis du spectacle, je n’aurais pas trop compris le thème !

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Fin du spectacle et... conclusion ?

La fin du spectacle est ponctuée par quelques surprises : il fait participer le public à un morceau de beatbox que l’on interprète en canon, deux hommes sont réquisitionnés pour l’accompagner par le chant ou le beat (impro ou pas ? Moi, je suis naïve, j’ai envie de croire que c’est de l’impro...). Pour la dernière ligne droite du show, en plus des sons produits pas Ezra, on fait passer dans le public, des origamis en papier (lorsqu’on appuie dessus, cela fait des nuances sur les sonorités). Cela est plutôt intéressant de participer à cet orchestre 2.0, comme ils s’appellent eux-mêmes.

Après la représentation, le public peut poser ses questions librement pour comprendre le spectacle. On apprend ici, qu’Ezra n’est pas à l’aise avec la danse, la genèse de ce gant connecté, qu’il fait de moins en moins d’impro (cela ne résout pas mon mystère de tout à l’heure !) et les "dessous" de cette langue inventée. Je trouve cela super, d’avoir un échange à la fin avec l’artiste pour pouvoir mieux comprendre l’œuvre. En sortant, incapable de dire j’aime ou j’aime pas... C’est juste une sorte d’OVNI dans le monde du spectacle, ce n’est pas de la danse, pas complètement de la musique, pas que de la scénographie ! En tout cas, une chose est certaine, le projet porte bien son nom : Bionic orchestra 2.0. Quelque chose dans le futur mais en même temps dans le présent. Enfin, tout simplement inclassable !

Claire

Crédits photos : Salle Onyx