blablabla à la Soufflerie : seule en scène dans un joyeux bain de paroles

Le spectacle sonore blablabla s’inscrit dans le projet artistique plus large de l’Encyclopédie de la parole. Cette dernière réunit des artistes qui collectent des documents sonores (extraits de films, dessins animés, situations de la vie quotidienne…) à partir desquels ils développent des performances, spectacles ou encore concerts.

J’ignore à quoi à m’attendre en me rendant à La Soufflerie en ce samedi après-midi pour découvrir blablabla, spectacle sonore décrit comme un travail autour de la parole et plus précisément de ce que les enfants entendent du monde.
C’est une ambiance familiale qui m’attend dans la grande salle de l’Auditorium de Rezé, l’audience étant largement jeune public (qu’on se rassure, la performance s’est avérée tout aussi savoureuse pour les adultes !).

Les lumières s’éteignent et déjà le spectacle commence. Anna Carlier, comédienne et musicienne, est seule en scène. Elle écoute des sons sur une tablette et commence à les reproduire par bribes. Un chef de train SNCF ou encore une jeune youtubeuse, les paroles diverses et variées s’enchaînent. Comme si l’interprète s’entraînait, se préparait pour la performance à suivre.

Car ensuite, c’est elle seule qui multiplie les paroles et les personnages tout au long du spectacle. Elle livre une performance époustouflante, modifiant sa voix en un instant, passant d’une intonation, d’un accent à un autre. Elle incarne aussi bien Buzz l’Eclair que le Professeur McGonagall. Elle prend le timbre de voix d’une enfant comme d’une vieille dame. Elle manie le rap, la réprimande maternelle (“mange ta soupe !”) et la voix off du documentaire animalier.

C’est un bonheur pour le spectateur de la voir évoluer sur scène, tout aussi impressionnante dans sa gestuelle que dans ses vagabondages sonores. On s’amuse à chercher les références des paroles que l’on entend, et on a hâte de découvrir le son suivant. Certains personnages reviennent, certaines paroles se font écho, pour autant, la trame narrative n’est pas l’enjeu du spectacle.
Au contraire, c’est l’enchevêtrement de sons et de styles radicalement différents qui suscitent l’intérêt, c’est bel et bien ce capharnaüm sonore qui rend la performance drôle et captivante. Elle est agrémentée par une mise en scène et un jeu de lumières dynamiques, ainsi qu’un travail sonore remarquable.

Un bord de scène fait suite à la représentation, un temps d’échange entre l’assistant à la mise enscène Olivier Boréel et le public qui permet de prolonger la réflexion autour du spectacle.

Je ressors bluffée avec l’envie de découvrir les autres projets artistiques développés par l’Encyclopédie de la parole.

Agathe

blablabla, un spectacle conçu par l’Encyclopédie de la parole, présenté à La Soufflerie le samedi 7 décembre dernier