BLEU : Dnsae coiramteopne

C’était avec un brin d’appréhension, armé de ma curiosité, d’un flegme que j’essayais de maintenir sans attente, sans projection, et seul que j’allais à la rencontre d’un spectacle parfaitement hors de mes sentiers battus. Il y a peu, ONYX accueillait la compagnie de danse contemporaine d’Yvann Alexandre pour BLEU, et moi pour me la montrer.

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Le décor : j’étais content de pouvoir me raccrocher à des éléments tangibles, un cube imposant suspendu au plafond du coin avant s’avère vite devenir l’incarnation du temps et du rythme comme une clepsydre géante qui se répand sur la scène. Globalement le plateau est très sobre, pas de béquille, d’ailleurs le chorégraphe revendique son spectacle comme "ascétique".

La musique : création originale pour sûr, avec parfois de belles récupérations du répertoire classique retravaillées, Bach et Schubert dit la brochure. Elle en impose, va du registre cinéma fantastique à des airs plus "dansants" (au sens traditionnel du terme) valses et autre.

La chorégraphie : comme prévu, le chaos très étudié est difficile à suivre. Sept danseurs s’agitent, le plus souvent tous sur le plateau, ils semblent parfois se répondre. Certains mouvements reviennent en cycle, légèrement modifiés. La maxime "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve." me vient à l’esprit. Il arrive que l’on puisse occasionnellement s’empêtrer dans le souvenir, dans la trace du temps
passé. Cela dit il est ardu d’en dire davantage, de raconter le spectacle. Tous sont magnifiques et très différents. Leur dévoilement, leur entièreté me touchent. Je préfère m’arrêter là.

Pour finir, je parlerai de mes voisins, d’âge et de conditions très variés, la plupart étaient debout, comme moi, à la fin du spectacle pour envoyer leurs bravos.

Il paraît que notre cerveau n’a pas besoin que les lettres d’un mot soient dans le bon ordre pour le comprendre, car il ne regarde pas chaque lettre mais le mot entier et puis la phrase dans leur ensemble, comme un tout. Peut-être est-ce avec détachement que l’on apprécie le mieux.

Colas