Boust et Batlik à la Bouche d’air, bien ou bien ?

Nouveau concert à la Bouche d’air, sous le signe du B : Batlik, le premier chanteur décroissant selon sa propre biographie sur le site de son label indé « A brûle pourpoint », et en première partie Guillaume Boust, nantais d’adoption, issu d’un accompagnement à la scène par Trempolino. Alors verdict, bien ou bien ?

J’aime beaucoup la chanson française, mais ce concert en deux temps me permet d’affiner mon point de vue. Guillaume Boust, en effet, ne m’a pas conquise. Pourtant sa voix à l’ancienne, presque à la Romain Didier, aurait dû me séduire, malgré une hésitation entre parlé et chanté. Mais sa façon trop directe de s’emparer des grands sujets tombe à plat : l’amour (un panégyrique assez pénible de la femme aimée), la révolution...

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Guillaume Boust

Grands sujets qui ont donné de grandes chansons, certes, mais l’artiste est trop vert, il manque de saveur en bouche. Il a beau travailler la langue jusqu’à l’outrance, il lui manque quelque chose. Une aisance, un langage à lui, une écriture moins alambiquée mais plus directe, des sentiments plus subtils ? En tout cas, ses « Saisons rouges » me semblent taillées trop grand pour lui.

C’est le contraire qui se produit avec Batlik. Batlik, le plus connu des chanteurs les moins connus de la chanson française, mène depuis quelque temps déjà une vie de tournées en marge des projecteurs, ou alors juste ce qu’il faut. Ce soir-là, outre son contrebassiste, son batteur et une impressionnante collection de guitares, il est épaulé d’un trompettiste, d’une saxophoniste, et d’un chien. Musicalement, c’est déjà beaucoup plus étoffé donc – d’accord, d’accord, le chien n’a rien à voir là-dedans. Mais le renfort de cuivres, si. Bref.

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Batlik et son chien. Je n’ai pas trouvé de photo des cuivres.

Donc, à l’inverse de Guillaume Boust qui attaque frontalement ses grands sujets avec des mots savants et une emphase certaine, Batlik traite de sujets plus souterrains, plus ordinaires en apparence, mais non moins complexes, et il le fait avec des mots plus simples ; il évoque une certaine forme d’échec, un regard dubitatif sur le monde qui nous entoure, mais aussi des plaisirs ordinaires. On découvre ainsi un chanteur tout simple et très compliqué à la fois, qui développe sa propre voix en marge et mène son petit bonhomme de chemin tranquillement dans son coin. Et ce monsieur-là, ma foi, m’est tout-à-fait sympathique.

Donc, verdict ? Bof et Bien !

Chloé Averty