Brahms et Strauss sont à La Cité

Pour cette saison culturelle, l’Orchestre national des Pays de la Loire (ONPL) propose une soirée musicale intitulée « Une vie de héros » à La Cité. En cette époque où les super-héros hantent les salles obscures, j’avais hâte d’assister à ce concert pour aborder cette saison culturelle sur les chapeaux de roues.

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Une mise en place théâtrale

Avant même le concert ma première découverte fut le grand auditorium de La Cité de l’architecte Yves Lion inauguré en 1992. L’entrée dans ce superbe bâtiment se fait par un large parvis couvert d’ardoise ; cet accès en entresol dégage les espaces et offre une vision extraordinaire sur les galeries de circulation éclairées et entourant la salle en elle-même. On perçoit donc le flot des personnes se dirigeant vers la représentation.

Assise à ma place en parterre, j’observe attentivement cette mise en scène presque théâtrale de l’orchestre se préparant à la bataille. Les musiciens s’installent progressivement, accordent leurs instruments dans un brouhaha maîtrisé, feutré.
Puis le premier violon, Julien Szulman, entre sous les applaudissements et met l’orchestre à l’unisson. Ensuite toujours sous les applaudissements entre Nicholas Angelich, la vedette de cette première partie, et enfin le chef d’orchestre, Pascal Rophé. Tout est millimétré, réglé selon des codes qui semblent immuables.

Le calme de Brahms

La première œuvre présentée est le Concerto pour piano et orchestre n°1 de Johannes Brahms. Tout en légèreté, je me laisse bercer par cette musique rythmée et lyrique, avec la joie de voir la danse des musiciens et les vagues offertes par les mouvements des violonistes.
Sis sur le devant de la scène, l’immense piano est alors aux mains de Nicholas Angelich, lauréat des Victoire de la musique 2013 – l’attention est captée, le temps arrêté. Après un flot d’applaudissements, il reviendra pour un solo puissant.

La force de Strauss

Après l’entracte, le même protocole d’accueil se déroule ; le piano n’est plus là et les musiciens, toujours sous la direction de Pascal Rophé, sont plus nombreux mais semblent moins à l’étroit. La scène semble dorénavant s’ouvrir au public.
Une séquence de guerre et de batailles s’amorce. La méditation laisse place à la violence des combats dans un style plus vivant et plus vibrant pour cette Vie de héros (Ein Heldenleben) de Richard Strauss.

Je ressors de ce concert, de deux fois quarante minutes, apaisée et sereine d’avoir vécu ce combat complexe et militaire issu du XIXe siècle. N’étant pas d’une grande érudition en ce qui concerne la musique dite classique, j’ai été vraiment enchanté de pouvoir entendre ces deux prestations dans une approche enrichie par La Revue de l’orchestre accompagnant mes billets. Mais il est notable et dommage que le public n’y soit pas diversifié alors qu’une simple néophyte, comme moi, y est la bienvenue et peut avoir sa propre grille de lecture.

Marie

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