C’est quand qu’on va où ? L’épopée de quatre enfants de la balle

Avec C’est quand qu’on va où ? Le cirque Galapiat raconte l’histoire de quatre enfants du cirque, de leur naissance à leurs vieux souvenirs, en passant par leur vie d’artistes.

Lorsque j’entre à Onyx ce soir, je vois une salle remplie d’enfants : les gens sont venus en famille et l’effervescence d’avant Noël a probablement ravivé dans les foyers les envies de moments partagés entre petits et grands, ce que promet généralement un spectacle de cirque.

Avant le noir, les petits trépignent d’impatience. Pour bon nombre d’entre eux, c’est leur premier spectacle dans un théâtre. On ressent aussi l’appréhension des parents qui souhaitent que tout soit parfait pour cette nouvelle expérience, qui recherchent la meilleure place, rehaussent les sièges d’adultes avec des manteaux, préparent mouchoirs et bonbons.

Nous y voila, la lumière décline doucement et le silence se fait. Nous assistons d’abord à une naissance, version circassienne : une artiste, enveloppée dans un tissu blanc tombe doucement du haut de la scène et descend au sol. Nous faisons alors la connaissance de quatre personnages que l’on verra naître, grandir et vieillir tout au long du spectacle. Leur particularité, c’est que ce sont des enfants de la balle, nés de parents artistes et élevés sous les toiles des chapiteaux. Ils vivent ensemble, se suivent de ville en ville, et c’est l’histoire d’une amitié rare, voire d’une fratrie, qui est dépeinte ici.

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Nos quatre compagnons traversent ainsi la vie, main dans la main, les coudes serrés. Après la gestation et la naissance viendront et les premières expériences de vie, l’enfance, l’adolescence et les bêtises, l’âge adulte et cette question qui habite chaque artiste de spectacle : combien de temps cela va-t-il durer encore ? La vieillesse enfin, les souvenirs et les histoires que l’on radote déjà.

Chaque période a son agrès : sangles aériennes, trapèze fixe, corde volante, bascule, portées et échasses, on voit de tout et l’on admire la polyvalence des artistes qui passent non seulement d’un objet à l’autre mais assurent également la musique du spectacle : un festival. Je soulignerai ici le formidable numéro de trapèze-chant-échasses, un passage hilarant et inoubliable qui renouvelle avec légèreté le traditionnel numéro de trapèze fixe.

Le scénario est simple comme la vie, rectiligne et dont la fin se dessine inévitablement, sans crainte. On se laisse emporter dans cette aventure qui nous rappelle que la vie est brève et que les belles amitiés sont à chérir avec attention. Cette histoire accélérée laisse tout de même le temps aux personnages de se construire avec précision : on les voit grandir et se transformer sans déguisement ni artifice superflu. Ce sont leurs expressions, leurs traits de caractère, leurs petites habitudes qui les définissent et les suivent toute la vie.

Quand l’histoire s’achève, et que la lumière revient dans la salle, les applaudissements sont nourris et les commentaires enthousiastes des enfants fusent déjà. A voir leurs sourires épanouis, c’est certain, ce premier spectacle les accompagnera sur un bon bout du chemin.

Coralie M