Camille de la Poëze, un premier spectacle plein de promesses

Un one-woman-show plein d’humour et de fantaisie à la Compagnie du café Théâtre

Camille, à peine entrée sur scène, sait se faire remarquer. Son tempérament bouillonnant et déjanté se révèle dès sa première scénette où elle incarne le rôle d’une stagiaire en communication chargée de faire la promotion du spectacle. Et quelle surprise quand elle réapparait quelques secondes plus tard, en tant que Camille cette fois-ci, féminine, la voix posée et le visage détendu, qui nous parle avec émotion et fragilité de ce premier spectacle, véritable accouchement d’un enfant encore malhabile mais plein de promesses.

Puis le spectacle commence, les scènes se succèdent. Rien ne vient appuyer sa performance théâtrale, à part une guitare et quelques accessoires pour modifier rapidement son apparence : un foulard sur la tête, des lunettes ou une coiffure qui change. Elle est seule sur scène, et pourtant elle est partout et tout le monde : tour à tour maître en yoga du rire, employée chez Amazon, paresseux sur sa branche, amoureuse transie, conférencière perverse en maison de retraite ou petite culotte frustrée, elle nous surprend par la facilité avec laquelle elle se glisse dans la peau des personnages les uns après les autres, et nous embarque dans leurs univers avec elle.

Elle aime interagir avec le public qui le lui rend bien, et la pièce se termine après un interlude poético-comique en une invitation à aller prendre un verre tous ensemble après le spectacle, quoi de plus convivial !

Une énergie brute étonnante, un véritable talent à changer de peau et à créer tout un univers du néant en un instant, un humour percutant et des textes qui fonctionnent plutôt bien pour un premier spectacle, il ne lui manque qu’un peu plus d’expérience de la scène, et Camille fera des merveilles.

RlT