Ce cri qui ne s’entend pas

La Compagnie Dyptik a proposé un spectacle unique le jeudi 2 mars à Onyx dans le cadre du festival HIP OPsession

C’est avec curiosité que je me rends à ce spectacle, en effet, ce n’est pas dans mes habitudes d’assister à une représentation dansée.

Tout d’abord, je découvre le lieu. Assez étrange, ce bloc noir au milieu d’Atlantis ne ressemble en rien à une salle de spectacle. Une fois à l’intérieur, tout y est noir. Je reconnais bien là, la pâte de l’architecte qui a aussi imaginé le nouveau tribunal de Nantes. C’est un choix bien particulier mais au moins qui a le mérite d’être assumé jusqu’au bout.

Enfin, l’heure du spectacle approche !
« Le Cri » ce sont trois professionnels entourés de 24 danseurs amateurs. Je trouve l’idée particulièrement intéressante. Car le résultat sur scène est à découvrir. Tous ces danseurs âgés de 14 à 60 ans, expriment ce qui est parfois difficile à dire. La chorégraphie assez simple n’enlève rien à la poésie du message, à la beauté de tous ces corps en mouvement. Cela me donne envie d’aller danser avec eux sur scène, car l’énergie déployée est transmise au public.

La technique du hip hop est visible par les 3 danseurs professionnels. Mais l’alliance pro/amateur est travaillée avec justesse car les uns ne prennent pas nécessairement le focus sur les autres, sauf si cela est recherché. L’unité du groupe met en valeur ce cri qui s’exprime par des corps et non par des mots.

Il est toujours difficile d’exprimer le propos d’une danse et de ce qu’elle souhaite porter comme message. J’y ai vu une révolte corporelle car elle ne peut être dite par des mots. Ces corps enchainés qui décide d’exploser jusqu’à ne plus exister. C’est beau et sensible.

Petit bémol, lorsqu’enfin les cris sortent verbalement, j’avais juste envie de les entendre plus virulents !

Un beau spectacle qui est le fruit d’un travail d’une semaine intensive en résidence, chapeau !

Raphaëlle