Chœur d’Opéra à l’ONPL : hommage aux airs du XIX siècle

Le Chœur de l’Orchestre National des Pays de la Loire dirigé par Valérie Fayet accompagne l’orchestre de l’ONPL conduite par le directeur Patrick Marie Aubert pour un concert qui fait hommage aux plus célèbres airs de l’opéra française du XIXe siècle.

Nantes, mercredi 25 novembre, 20h, il pleut, je lutte avec mon esprit parfois triste et mélancolique alors que la pluie et la grisaille nantaises souvent creusent dans les profondeurs. Sur un coup de tête j’ai accepté à la dernière minute une place pour le concert Chœur d’Opéras à l’ONPL (Orchestre National des Pays de la Loire). Depuis ces deux dernières années je suis allée l’ONPL surtout grâce à l’Atelier des Initiatives. Je ne peux pas dire que je suis désormais une habituée ou une experte mais je commence à connaître leurs rituels et à chaque fois je m’amuse à observer dans les détails tous les instruments et les musiciens qui s’entrainent avant de commencer. Cette fois la nouveauté pour moi c’est la présence du chœur. En effet c’est la première fois que j’assiste à un vrai concert avec un chœur et un orchestre en direct.

Le programme de la première partie commence avec un solo de hautbois sur l’air de Samson et Dalila : Bacchanale de Camille Saint-Saëns, ballet d’opéra d’inspiration biblique dont les couleurs orientales se mélangent aux mélodies douces qui explosent dans une atmosphère électrique qui se conclut avec un tourbillon musical effréné. Suit Gloria, avant dernière œuvre religieuse du compositeur Francis Poulenc, ici les rythmes sont joyeux et explosifs et le chœur a un rôle important avec la remarquable voix pure et paisible du soprano Magali Léger qui comme le dit si bien Patrick Barbier « plane au dessous du chœur avec une grand poésie ».

Ensuite, la deuxième partie Le roi de Lahore : Ouverture et Voici le Paradis de Jules Massenet, raconte une histoire d’amour tragique qui exprime à travers la musique toutes les passions humaines et se termine avec la mort des amants qui montent au paradis. La suite musicale débute avec les sonorités fortes et vigoureuses et descend ensuite se métamorphosant en mélodie douce et délicate pour ensuite se rehausser dans une fugue accentuée par les cuivres.

Le programme continue avec Roméo et Juliette  : Ouverture-prologue et Le Bal des Capulets de Charles Gounod, l’œuvre créée en 1867 est une des rares pièces dans laquelle le compositeur introduit le chœur. Dans l’Ouverture-prologue la célèbre et tragique histoire des deux amants de Vérone est racontée par les voix du chœur assez sombres et spectrales accompagnées par l’orchestre sur des notes très discrètes et lyriques. Sur un registre moins lyrique s’ouvre Le Bal des Capulets dans une atmosphère joviale et joyeuse pour ce bal masqué donné pour l’occasion de l’anniversaire de Juliette.

De l’ambiance joyeuse du bal shakespearien le concert passe aux sonorités militaires de la La Damnation de Faust : Marche Hongroise et Dans le ciel qui est une des œuvres plus connues de Hector Berlioz composé dans la ville de Pest en Hongrie sous le nom de Marche de Rackoczy.

Le concert se conclut avec trois passages de l’une des œuvres les plus célèbres de Georges Bizet : Carmen : Ouverture, Avec la garde montante, Les voici, les voici. L’Ouverture commence avec un rythme entrainant joué sur les thèmes de la corrida et du toréador qui, après un brève silence se conclue sur le thème mystérieux et dramatique du destin. Puis l’orchestre joue le passage Avec la garde montante interprété par un chœur de jeunes qui rythment une marche fringante dans laquelle les enfants s’amusent à parodier les pas fiers et cadencés des soldats qui gardent les murs de Séville. Le chœur des enfants qui alterne avec le chœur des adultes est encore protagoniste du dernier morceau tiré par le dernier acte de l’œuvre Les voici, les voici. Un morceau dans lequel Bizet arrive à faire réentendre le thème de la corrida et du toréador créant un lien collectif qui se terminera avec le drame qui séparera Carmen de Don José.

La force des notes de la Carmen crée effectivement dans le public une sensation de cohésion collective, cette musique que tout le monde connaît se répand dans la salle avec une énergie contagieuse qui laisse aussi une forte tension qui peut exploser tragiquement d’un moment à l’autre.

Après le concert mon esprit triste et mélancolique a été réconforté par la musique, une fois sortie il ne pleut plus, l’air est doux, quelques refrains résonnent encore dans ma tête et je profite de ce calme après la tempête.

Manuela Biclungo