Chœurs Italiens à l’ONPL

Voilà la dernière de mes interventions sur le blog pour cette saison. C’est aussi la soirée de clôture de l’ONPL. Je me suis, grâce au blog, intéressé de manière plus approfondie au travail de cet orchestre en profitant de plusieurs manifestations sur la saison. Ce soir, du monde est attendu, car en plus de l’orchestre, nous aurons l’honneur d’avoir la présence d’un Baryton, d’un Ténor, des chœurs d’Angers Nantes opéra et enfin, des chœurs de l’ONPL. Que du beau monde, l’espace sur scène est donc réduit pour chacun car cela fait une sacrée populace. Hommage à l’Italie, avec Puccini et Verdi, Benvenuto.

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Giacomo Puccini (1858- 1924) – Messa di Gloria

Pour la petite histoire, cette œuvre est imaginée par un jeune homme de 22 ans, Puccini, qui la présente pour la première fois lors de son examen final à l’Intituto musicale Paccini. Nous commençons donc avec « Kyrie » qui offre une ambiance assez planante, et grâce aux chœurs, mystique. Suit « Gloria », la plus grosse partie de 20 minutes qui interpelle davantage. Entre jovialité religieuse (j’y reviendrais) et perdition dans un hymne à la vie avec les interventions des chœurs qui appuient sur la profondeur du thème évoqué. « Credo », plus marqué dans le dramatique, est la partie qui a le plus attiré mon attention. Le Baryton envoi un appel à la louange, restant dans un univers sombre, tout en stoppant la réflexion par une imposante prestation. Nous finissons par des chœurs implorants la grâce de dieu dans un contexte apocalyptique avec un Amen Final procurant une « Chair de poule ». Pour finir, « Sanctus, Benedictus » et « Agnus Dei », travail sans prétention, forment la partie de l’œuvre la moins travaillée. Toute cette pièce est de qualité, je pourrais cependant lui reproché, en tant qu’ « Athée », qu’elle ne revienne trop au mystique religieux. C’est au bout des quarante minutes que cela a quelque peu désintéressé l’ancien pratiquant catholique que je suis, malgré certaines échappées hautes en spiritualité partagés.

Guiseppe Verdi (1813-1901)

Verdi arrive donc avec sa notoriété, méritée, et prouvée dés l’ouverture avec « La force du destin ». Pleine d’émotions et de vacillements qui animent de nouveau notre imaginaire, mis de côté pour la première partie. Suivi du chef d’œuvre « le Trouvère », que dire par l’enchantement d’écouter ce thème connu par tous, accompagné des chœurs dont la présence est indispensable afin de saisir l’émotion dans la création de Verdi. Grandiose ! Passons à « Nabucco », hymne symbolique de l’Italie forte et unie. On le comprend à l’intensité procurée par l’orchestre et les chœurs lors de l’interprétation de cette prière à la nation. Je ne suis pas aussi conquis que pour « le Trouvère » mais est animé d’un très grand respect pour la culture italienne à ce moment précis. Finir avec « Aïda », pièce commandée par le Khédive d’Égypte. Nous sentons un effort fait par Verdi afin de garder sa patte dans le travail apporté, tout en s’adaptant à l’histoire qui inspira cette œuvre. La prestation des trompettes transporte les chœurs pour terminer sur une alchimie de tous et une euphorie partagée entre les artistes et le public.

Je me suis appliqué à faire une réécoute de chacune de ces œuvres lors de la rédaction de cet article, et vous conseille de faire de même, car cela donnera une contenance réelle au texte. Il faut bien avouer la qualité du travail de chacun des musiciens, même si je n’ai pas beaucoup évoqué l’orchestre, il va de soit que j’ai retrouvé, comme à chacune de leur prestation, un travail impeccable sans aucun amateurisme. L’été va être long sans cette pause offerte à nos vies sans « arrêts ».

Je vous retrouve pour la saison prochaine.
Avec toute ma servitude.
Julien.