"Chute !", à la croisée des chemins, entre l’air et le sol.

"Chute !"

J’ai trouvé ça drôle, mais plus touchant que drôle.

Parce que les deux acteurs endossent des rôles de clowns et qu’ils abordent des grandes interrogations de manière naïve. Ils nous entraînent dans leurs doutes et leur curiosité pour des évidences du quotidien : Qu’est-ce qu’une chute ? Qu’est-ce qu’elle produit ? Comment revenir à la verticale ? On se marre de leurs expérimentations acrobatiques lorsqu’ils se jettent comme des gamins sur un coussin, quand ils essaient de se rattraper l’un et l’autre avant le choc.

Mais très vite, la pièce pose ici-et-là des moments de douceur, de grâce.
Souvent, les mots sont absent et laissent place aux respirations des deux danseurs. Les souffles rythment doucement les chutes, les rotations et les glissades, comme lorsque l’un des acteurs se laisse tomber avec une telle fluidité qu’il peut se relever instantanément sans poser les mains au sol.

« Chute ! » est une démonstration où la parole plante le décor pour s’effacer devant les gestes et les corps.
Pour expérimenter, ils se laissent tomber de tout leur poids, se jettent l’un l’autre, apprennent à chuter, redressent leur partenaire...
Ils observent le mouvement que cela produit, ressentent la douleur de l’impact, mais aussi l’énergie que l’on peut en tirer pour dévier et prolonger le déplacement. Et puis ils prennent appuis sur ces observations pour se demander : comment peut-on toujours rêver de voler, alors qu’on est constamment ramenés au sol ?

« Chute ! » se trouve à une frontière multiple, entre l’acrobatie, l’humour, la philosophie, et la danse. Rien de moins.

Mario