Ciné-Concert Métropolis : une musique futuriste pour un film du même genre !

La dernière fois que je suis allée voir un spectacle proposé par l’ONPL, il y avait eu un concerto pour clarinette assez abstrait qui ne m’avait guère parlé. Je m’étais fait la réflexion qu’un support vidéo ou une projection de film muet pourrait être un cadre intéressant pour donner un sens à un style de musique si particulier. Ainsi, quand j’ai vu l’annonce d’un ciné-concert avec une projection du film Métropolis, j’ai sauté sur l’occasion ! Voilà une belle opportunité de me faire un point de vue sur ce genre de performance...

Le film muet "Métropolis" a été réalisé par Fritz Lang en 1927. C’est un des premiers longs-métrages de science-fiction et il reste une référence incontournable du genre. Certains réalisateurs ou auteurs s’en sont certainement inspirés pour des aspects de leurs oeuvres, auxquelles on ne peut s’empêcher de penser en le regardant. Je donnerai comme exemple les films "le cinquième élément", "Blade Runner" ou encore le manga "Gunm".

Le film ayant subi les ravages du temps, il est aujourd’hui impossible de le voir dans son intégralité. Cependant, des bobines ont été retrouvées il y a quelques années et une nouvelle version restaurée a pu être offerte à nos yeux ce soir. Quel honneur de pouvoir découvrir des images oubliées depuis près d’un siècle !

Métropolis aborde la révolution industrielle, le monde ouvrier et surtout la lutte des classes sociales. L’intervention d’un savant déjanté et de sa " femme robot" appuie bien le caractère S.F du film, et les visions de la mégalopole futuriste sont édifiantes.

L’orchestre était composé de 16 instrumentistes et d’un dispositif électronique. La direction était gérée par Martin Matalon, qui est aussi le compositeur. Le style exprimé était plutôt abstrait et contemporain, du moins c’est ainsi que je le caractérise.

Quoique je n’adhère pas à ce genre, certains aspects m’ont beaucoup plu. Je pense aux sons et rythmes lors des scènes dans les bas-fonds de la cité ouvrière, qui mettaient vraiment en relief la cadence infernale des poulies, courroies, des gestes automatisés des travailleurs, le tout s’alliant dans un mouvement presque chorégraphique. Tout était parfaitement calé avec la mise en scène de Fritz Lang.

Ceci étant, il semblait évident que sans le film, cette composition perdrait pour moi tout intérêt. Disons que ce n’était pas la musique qui habillait le film, mais définitivement bien l’inverse. Chose que je dirais pas pour la plupart des bandes originales que j’ai l’habitude d’entendre. Quelques passages de thèmes mélodiques ont cruellement manqué à mon goût. Je dirais même, sur le ton de l’humour, que l’orchestration relevait plus de la science-fiction que le film lui-même...!

Globalement, mon intérêt pour le film et les découvertes musicales m’a permis de passer un bon moment, qui aboutira d’ailleurs sur des débats très enrichissants avec l’ami qui m’accompagnait. Mais comme le ciné-concert a tout de même duré plus de deux heures, j’avoue que mes oreilles non initiées à ce style de musique furent heureuses de goûter au silence du soir à la sortie !

Pour conclure, je ne regrette en rien l’expérience ! Comme on dit souvent :
pour vivre heureux, vivons curieux... !

Gwen