Colunia nous fait voyager au Pannonica

Un peu une première pour moi qui n’ai connu les concerts de Jazz qu’en festival (notamment aux Rendez-vous de l’Erdre, vraiment chouette événement). Concert assis pour les plus chanceux, debout au fond de la salle pour les derniers arrivés comme moi. Je me retrouve au milieu d’habitués, j’ai l’impression que c’est le rendez vous des initiés, tout le monde s’interpelle et se tape sur l’épaule. Je ne me sens pas complètement à mon aise, mais ça passera.

Puis le concert est introduit par le programmateur du Pannonica mais aussi par la directrice de « Musique et Danse en Loire Atlantique » puisqu’il s’agit d’une création co-produite dans le cadre du dispositif « Traverses ».

Formation nantaise composée de quatre musicien.ne.s (Émilie Chevillard à la harpe ; Florian Chaigne à la batterie ; Gweltaz Hervé aux saxophones ; et Emeric Chevalier à la contrebasse), Colunia fête aujourd’hui la sortie de son deuxième album studio, « Zéphyr », après avoir sorti un premier album en 2015. Mélange de jazz, de musiques improvisées et surtout de rythmes rapportés de leurs voyages en Inde et Indonésie. Et on voyage avec eux !

La harpe d’Emilie est très particulière puisque c’est une harpe chromatique, qui comporte deux plans de cordes croisés et aucune pédale. Elle est assez rare puisqu’il n’y a que quatre musiciens qui en jouent en France ! Emilie nous explique qu’elle s’est tournée vers cette harpe car elle lui permet d’improviser plus facilement, ce que cette musicienne de jazz affectionne particulièrement.

Colunia nous fait aussi découvrir le konnakol, technique de percussion vocale issu de la tradition carnatique de l’Inde du Sud. L’idée au départ est de s’approprier des motifs ryth­mi­ques com­plexes en les déclamant grâce à des syl­la­bes défi­nies, afin d’ensuite les inter­pré­ter sur un ins­tru­ment. Ici, ils sont directement intégrés à certains morceaux et c’est plutôt impressionnant !
Deux invités, présents sur cet album, les rejoignent pour quelques morceaux : Linda Oláh prête sa belle voix mélodieuse et Thomas Jacquot nous envoûte avec ses deux sitars indiens.

Bref, on voyage avec cette musique tantôt entraînante, tantôt envoûtante, et c’est un vrai délice. Le public du Pannonica est hyper attentif et respectueux des artistes. Il écoute religieusement, souvent avec passion. Les musiciens prennent un vrai plaisir à jouer ensemble, on sent une réelle communion entre eux. C’est très agréable à voir. Une belle découverte pour moi !

Cécile M.