Concert de l’amitié

Vous voyez ces moments où on se dit « Ah oui c’est vrai il fallait que j’aille voir ces vieux potes aujourd’hui ! Bon c’est vraiment parce que j’ai promis que j’y vais... ». Le concert de Ruthie Foster c’était un peu ça. Je savais que je devais voir un concert, je ne savais pas trop qui c’était ni son style de musique, mais comme je m’étais engagée, il fallait bien y aller. Une fois arrivé à la salle, pas de fosse et un public un peu grisonnant. Le doute des retrouvailles de longue date s’installe, est-ce que j’ai bien fait de venir ? Est-ce qu’on est toujours dans le même délire ou a-t-on prit des chemins différents ? A ce moment Ruthie Foster et ses deux acolytes (une batteuse et un bassiste), entrent en scène le sourire aux lèvres, tous trois plein d’ondes positives. C’était comme ces amis qu’on ne voit pas pendant des années mais avec qui ça reste comme si on ne s’était jamais quittés. Même en parlant en anglais, elle réussissait à faire rire toute la salle. On sentait une vraie complicité, une forte énergie émaner de ce trio. Sa voix forte et remplie d’émotion, que ce soit dans des balades ou des chansons plus rythmées nous faisait vibrer, on sentait l’authenticité, la vérité. Qu’il soit a capella ou accompagnés, chaque morceau avait l’approbation du public. Les mamies un peu bourgeoise se dandinaient sur leur fauteuil en cadence avec ses musiques blues / folk pendant que la population plus jeune laissait libre court à sa danse dans un coin de la salle. On sentait l’expérience, le vécu de cette chorale de gospel où elle a commencé à chanter sous le regard de sa grand-mère. Toutes ses chansons semblaient raconter une anecdote, un moment de sa vie. Ils donnaient toute leur générosité, revenant deux fois nous rejouer des chansons à la fin du concert, heureux d’être acclamé. C’était un vrai échange entre public et artistes.
Finalement, cette rencontre quelque peu crispée au premier abord fut une superbe expérience, j’ai désormais du Ruthie Foster dans ma playlist. Certaines amitiés ne fanent pas, elles donnent l’impression d’être des nôtres depuis des années.

Marion