Cycle Agnès Godard, au cinématographe

Ce petit cinema de quartier, dans une petite rue, près de la rue de Strasbourg. Ce petit cinéma qui m’intriguait. Ce petit cinema avec cette programmation qui me fait envie. Ce petit ciné que je découvre. Cette jolie salle, les sièges rouges, les escaliers, les balcons, la scène et le rideau rouge qui se déploie pour laisser place à l’écran blanc

La Vie rêvée des anges de Erick Zonca
France, 1998, 1h53 • avec Élodie Bouchez, Natacha Régnier, Grégoire Colin

L’histoire de deux jeunes femmes de 21 ans qui se rencontrent à Lille. Elles sont un peu perdues, elles se retrouvent dans leurs galères, leurs idées, leurs envies, leurs squats, leurs rencontres.
Elles rêvent à une vie meilleure, font ce qu’elles peuvent pour s’en sortir, pour survivre et vivre.

Un film touchant et poignant, les deux actrices sont incroyables, Elodie Bouchez et Natacha Régnier. Les visages durs, qui se transforment en un sourire, la joie, la violence, elles ont eu le prix d’interprétation féminine à Cannes grâce à cette performance.
Moi je me souviens vaguement avoir vu ce film lorsqu’il est sorti en salle. En 1998, j’avais 10 ans. Je me souviens de la violence, de la passion, des relations torturées, des joies et du désespoir.

Un film touchant, qui marque.

Golden Door de Emanuele Crialese France
Italie, 2006, 1h58, VOSTF • avec Charlotte Gainsbourg, Vincenzo Amato

C’est l’histoire d’une famille sicilienne qui rêve du Nouveau Monde, de la promesse d’une vie meilleure et d’un monde extraordinaire en Amérique...

Ils cultivent un lopin de terre depuis des générations, semblent être dans l’ignorance, croient en la sorcellerie, prient pour obtenir des signes de Dieu et faire le choix de leur vie…

Un film loufoque, qui mêle réalisme, poésie, délire et rêverie. On suit cette famille dans une aventure longue, périlleuse et pleine de sacrifices.
Vendre tout ses biens, quitter sa montagne, découvrir les passeurs, les entourloupes, les procédures, monter dans un paquebot, tout quitter, partir vers l’inconnu, se faire secouer, retourner, connaître la tragédie de la traversée, arriver dans un nouveau monde, être examiné, palpé, analysé, contrôlé, jugé…
Méritent-ils ou non de faire partie de ce nouveau monde ?

Tout ça parce qu’on les a fait rêver avec des arbres remplis de monnaie, des rivières de lait et des légumes géants…
Cela ressemble tristement à la fable contemporaine qui se joue à notre époque.

La photographie d’Agnès Varda est cohérente, d’un bout à l’autre, des montagnes siciliennes, au port romain, aux cales d’un paquebot, aux couloirs sombres de l’administration américaine du « Nouveau Monde ».
Je trouve cet univers froid et lugubre, mais il est cohérent, tout du long.

Une jolie découverte : comprendre le travail de la directrice de la photographie et découvrir un cinéma qui m’intriguait tant !

Lucie