Cycle Claire Simon

Du 11 au 13 mars 2017, le Cinématographe consacrait un cycle à la réalisatrice Claire Simon qui nous a emmené dans des lieux emblématiques de Paris et à la rencontre de leurs occupant/es.

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Plusieurs films sont à l’affiche : "Récréations", "Gare du Nord", "Géographie humaine", "Le bois dont nos rêves sont faits" et le tout récent "Le Concours". J’en ai déjà vu certain et je connais l’aptitude de la réalisatrice à nous ouvrir les portes d’univers inconnus.

Quelque soit le lieu où elle va, Claire Simon s’immerge, elle se fait petite, elle devient amie avec les personnes qu’elle approche, elle réussi le tour de force de devenir leur semblable. Ceci nous évite les jugements mal venus, les distances gênantes et une forme de voyeurisme parfois présente lorsque les "érudits" vont filmer les "petites gens".
Là nous sommes dans les relations humaines, au gré des rencontres, qu’ils soient voyageurs de la gare du nord, SDF au bois de Vincennes, prostituée, mère de famille, cycliste, voyeur, bûcheron, gay en quête de partenaire... tous nous livrent une part de ce qu’ils sont et ils se pressent de raconter leur histoire comme si c’était pour eux la dernière occasion d’en laisser une trace.

Claire Simon parle très justement de son travail mêlant cinéma et sociologie. Lors d’un échange avec le public elle dit : "Nous sommes les moissonneurs de dernière minute. On ramasse tout ce qui va disparaître".
Elle se saisit de l’outil caméra pour donner une voix aux invisibles et fixer une réalité. Ce matériau est incroyablement riche de sens et ses films sont d’une grande sensibilité.

J’y ai trouvé une forme de vérité qui me touche énormément, je vous invite tous et toutes à vous plonger dans ces univers multiples, dont nos esprits ressortent enrichis.

Caroline Huguin