Dans la chaleur de La Ruche

La brume s’était abattue sur Nantes depuis deux jours et l’on ne voyait pas à 10 mètres. Dimanche soir je traverserais alors la ville sur mon vélo, le vent froid pénétrant jusqu’aux os. J’étais cependant atteinte par une fièvre du dimanche soir qui m’emmenait vers le théâtre La Ruche à côté de la place Viarme. Portée par l’idée que j’allais me retrouver dans la chaleur de la salle, je remontais la côte à pleine vitesse.
Arrivée au théâtre, les doigts brûlés par le froid, je pris place au 1er rang de cette petite salle accueillante où trônaient sur scène deux chaises et deux verres d’eau.
Les murs couverts de tissus rouges et illuminés par des lampes guinguettes conféraient à la salle une ambiance chaleureuse, douce et intime.

Le bruit de pas descendant l’escalier ont annoncé le début du spectacle, une heure de danse, de musique et de chant à couper le souffle.

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Le flamenco c’est un mélange différentes cultures, mêlant folklore populaire, gestes venus du Maghreb et rythmes d’Amérique du Sud.
Le trio, formé par Helena Cueto, un chanteur et un guitariste, propose un flamenco des origines : simple, percutant, ramenant à l’essentiel.
Chant a capella et guitare classique s’accordent pour nous compter l’amour, la passion, la tristesse et la douleur. Pieds et mains se répondent, claquent, tapent, martèlent le plancher.

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La maîtrise est parfaite, la salle est captivée, fascinée, les yeux rivés sur les pieds d’Helene Cuento qui frappent le parquet sans ménagement. La rapidité et la force de ses pas contrastent avec la douceur de ses gestes, tout son corps témoigne de la tension entre la force, la légèreté et la dureté de l’amour, qui souvent trop éphémère, brûle les ailes des amoureux.

C’est un magnifique spectacle que nous offre ce trio. La salle est conquise, des voix louant le flamenco s’élèvent et ne peuvent retenir leur émotion face à la beauté du spectacle.

Jeanne