Danse et stand-up sont-ils compatibles ?

Stand-up chorégraphique est un nom plutôt intrigant derrière lequel pourraient se cacher bien des choses. C’est une soirée organisée par le Théâtre Universitaire rassemblant deux spectacles, qu’il est bien évidemment possible de voir indépendamment. Les deux prestations sont assez différentes mais je trouve assez intéressant de les avoir programmées en parallèle dans la mesure où elles ont aussi des points en commun.

Le premier spectacle a pour titre Vacances vacance et est interprété par Ondine Cloez. Elle commence la représentation en jouant avec un prisme et en faisant se diffracter la lumière. En parlant de lumière, je n’ai pas compris pourquoi celles de la salle sont restées allumées pendant la représentation et cela m’a quelque peu gênée et empêchée de rentrer dans le spectacle. Des spots ont ensuite été allumés en direction du public ce que j’ai trouvé fort désagréable, m’éblouissant et m’empêchant de regarder correctement la prestation scénique.

Mais revenons au spectacle en lui même : l’artiste part du constat que les personnes plongées dans le coma ou celles sous anesthésie vivent ce que l’on appelle une NDE, une Near Death Experience. Elle tente par la suite de vivre cet état mais de manière consciente, en tentant de quitter son corps. Elle "danse" donc devant, avant son corps, et nous livre une prestation très particulière et perchée... Le Larousse définit la danse comme une "suite rythmée et harmonieuse de gestes et de pas" et j’avoue avoir du mal à qualifier sa gestuelle telle quelle.

Ondine Cloez se questionne aussi pendant une partie du spectacle sur la grâce, ce que j’ai trouvé assez loufoque compte-tenu de la prestation qu’elle nous livrait. Le spectacle ne dure que quarante minutes mais j’ai tout de même réussi à le trouver long car j’y suis restée assez hermétique. Je ne vous encourage donc pas particulièrement à aller le voir étant donné que je l’ai personnellement trouvé vraiment barré et sans grand intérêt artistique.

Le deuxième spectacle, intitulé Mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver... est dans un tout autre registre. Ce titre est une phrase tirée d’une interview d’Hitchcock qui signifie qu’il vaut mieux partir d’une situation simple et la complexifier par la suite plutôt que l’inverse, au risque sinon de perdre le spectateur. La pièce nous montre le processus de création à travers lequel un danseur passe lorsqu’il invente une chorégraphie, ce qu’habituellement nous ne voyons pas. Ici, c’est une chanson de gestes pantomimique que l’artiste cherche à inventer, soit un mélange entre une chanson de gestes et du pantomime.

Il est dans ce spectacle plus facile de parler de danse à proprement parler, même si cet art n’est pas le seul utilisé et que la prestation est assez pluridisciplinaire. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la manière qu’a Sylvain Riéjou de nous montrer qu’une même chorégraphie peut exprimer différentes émotions en fonction de l’intention que l’on met dans l’interprétation de celle-ci. Les mêmes gestes sont effectués avec une amplitude et une énergie changeantes, nous transmettant ainsi un message différent à chaque fois. L’artiste souligne par ce biais l’importance de mettre une intention dans un mouvement et nous prouve qu’il est possible de transmettre beaucoup à travers la danse.

J’ai beaucoup apprécié ce deuxième spectacle - bien plus que le premier en tous les cas. Je l’ai trouvé vraiment drôle et j’ai apprécié réécouter des classiques musicaux du répertoire de musique savante tels que Pierre et le loup que j’ai bien envie de redécouvrir dans son intégralité. Les jeux de lumière ainsi que la manière dont cette histoire est racontée sont vraiment fort intéressants et l’artiste pluridisciplinaire qu’est Sylvain Riéjou est vraiment talentueux.

Ces deux spectacles allient tous deux la parole aux gestes - si ce n’est plus. Sylvain Riéjou utilise aussi un vidéo-projecteur ainsi que le théâtre pour incarner plusieurs personnages et raconter l’histoire qu’il souhaite au spectateur. Ces deux prestations nous montrent aussi, à leur manière, l’envers du décor de la création, les questionnements de l’artiste ainsi que ses recherches et ses expérimentations. On assiste au processus de création en direct sur scène et l’on en vient même à se demander : Qu’est-ce que la création artistique ?

Spectacles joués les 20 et 21 novembre à 19 h 30 pour Vacances vacance d’Ondine Cloez et 21 h pour Mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver... de Sylvain Riéjou. Pour plus d’informations concernant les tarifs ou la manière de vous y rendre, je vous renvoie directement vers le site internet du Théâtre Universitaire. Si vous n’êtes pas sur Nantes, pas de panique, l’une des pièces se joue peut-être prochainement à proximité de chez vous. Les images utilisées dans cet article ne sont présentes que pour illustrer mon propos et restent la propriété de leurs auteurs respectifs.

Les chroniques d’une nantaise
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