De l’art d’improviser un scénario avec la LINA

Lorsque l’on va voir un spectacle de la LINA (Ligue d’Improvisation de Nantes Atlantique) nous ne sommes pas seulement spectateur mais également acteur dans le sens où on nous propose de participer à l’écriture d’un scénario en direct, à partir de ce qu’il se dit sur scène. Quoi ? Ecrire le scénario d’un match d’improvisation en direct ? Mais il doit falloir écrire super vite, me direz-vous ! Comment est-ce possible ?

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Les 4 comédiens du spectacle

1 dyctalo, 4 comédiens et quelques phrases notées sur un bout de papier par les spectateurs qui le souhaitent pour servir de matière 1ère aux jouteurs : voici le florilège du « script’ art », nom donné à cette étonnante soirée, qui permet d’immortaliser, sous la forme finale d’un scénario, la fulgurance des mots, projetés, déclamés, improvisés par les comédiens durant 2 heures de spectacle !

Avant l’entrée en scène des jouteurs, la dactylo tape sur son ordinateur un début de dialogue proposé par l’un des spectateurs de la salle et les mots sont simultanément projetés sur scène, de sorte que l’on puisse les lire et cela se poursuit au fur et à mesure que se jouent les scènes. A la fin du spectacle, "le tapuscrit" sera mis à disposition du public, qui pourra le consulter et y adjoindre un titre. L’idée est géniale !

En lisant successivement à l’écran ce qu’ont imaginé les spectateurs, je ressens comme une certaine complicité avec eux, un peu perverse je l’avoue, car elle maintient mon attention tout au long de l’improvisation qui s’en suit, comme pour mieux apprécier la manière dont les comédiens vont s’en sortir. Vont-ils "sécher" ? La chute sera t-elle drôle ?

Seulement quelques minutes sont laissées aux comédiens pour donner un sens logique aux débuts de dialogues biscornus tapés à l’écran ! Ce temps est marqué par l’intervention d’un guitariste qui improvise (lui aussi) des onomatopées au micro, ce qui fait planer un silence d’or dans la salle (et à le mérite de me faire rire). Une fois ce temps de réflexion écoulé, le noir se fait : en scène !

A quatre voix, une histoire prend forme et les caractères des personnages incarnés par les comédiens nous apparaissent, avec leurs travers et leurs côtés amusant ou attachant parfois. Le décor se restreint à un paravent portatif muni de deux portes, qui leur permet de créer l’illusion d’une pièce et ouvre le champ des possibles.
On prend rapidement la mesure du professionnalisme des comédiens, arrivant systématiquement à créer une atmosphère, une histoire qui a du sens, même si souvent cela finit par un voyage en absurdie très coloré !

Je ressors de cette soirée la tête remplie de rires et de bonne humeur. Le 3 février prochain au bar Le coup du Lapin, ils seront de retour pour un « Bla bla bar ». Rendez-vous à ne pas manquer pour apprécier leur performance, avec un petit quelque chose à grignoter sous la main.

Séverine