De l’électro avec un piano à queue, ça casse la Barak

De la musique électro avec un piano à queue ? Vraiment ?" J’étais bien loin d’imaginer ce qui allait se dérouler sur scène ce jeudi soir.

J’arrive à la Barakasons avec un peu d’appréhension. Je ne suis pas un fan absolu d’électro (je n’en écoute jamais en fait) et je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre en entrant dans la petite salle de concert. Le groupe de la première partie semble être inconnu de la majorité de la cinquantaine de spectateur du soir et l’on peut observer un nombre incalculable d’instruments sur scène. Les quatre artistes s’installent. C’est le début d’un voyage. Un voyage spatial, dans une autre dimension. Je reste scotché dès les premières notes. Le mélange de tous les instruments crée une musique futuriste, envoûtante et surtout entraînante. Je me laisse porter et je ferme les yeux tout en dansant, laissant mon esprit s’abandonner aux images que m’évoquent les sons de cette œuvre musicale. En les ouvrant à nouveau, j’ai l’impression d’être en plein cœur d’un vaisseau spatial : les jeux de lumières créent la sensation d’être dans une autre dimension. Le concert se poursuit et l’utilisation ponctuelle d’instruments inattendus, à l’image d’un cor de chasse, s’accommode parfaitement avec les sons des autres instruments et du pad électronique, non sans m’étonner, ce qui renforce l’extravagance et le plaisir pris à écouter ce groupe. Le temps passe sans que je ne m’en rende compte et c’est une déception partagée par l’ensemble des spectateurs quand les artistes annoncent la dernière chanson. Après cette première partie, une petite pause d’une quinzaine de minutes permet d’installer le piano de Fabrizio Rat et nous permet d’atterrir avant un nouveau voyage.

« Un tsunami de sensation en pleine face », c’est comme ça que je caractériserais la première partie.

De retour dans la salle, la scène est occupée par un piano à queue, un pad électronique et une platine. Fabrizio Rat est applaudi. Le show commence. Les premières notes annoncent la couleur de ce qui va suivre : un style plus grave, plus brutal et plus sombre. Le pianiste ajoute, au fur et à mesure, des sons différents, rendant difficile de repérer le schéma qui se répète tout au long de la musique . Elle est de plus en plus entraînante. Je me retrouve pris dans un tourbillon de sensations différentes, plus violentes et plus inconstantes que celles ressenties lors de la première partie. Je me laisse emporter par la musique, j’ai l’impression d’être dans une bulle et directement connecté à la scène. Chaque vibration, chaque son résonne en moi et me transporte ailleurs. Je ne sais pas vraiment comment définir ce que je ressens. J’ai l’impression de ne plus être à Rezé, mais bien dans un univers futur, au milieu d’un champ de bataille spatiale à la Star Wars, dans une course effrénée dans les rues de Tokyo, entouré de lumières et de bâtiments gigantesques, ou même dans une grotte sombre, seul, la musique qui résonne dans tout l’espace, occupant tous mes sens. L’inconstance des images qui se bousculent dans ma tête et leurs changements rapides me désorientent réellement, j’en perds plusieurs fois l’équilibre en dansant ! La scénographie est encore une fois au rendez-vous. A l’image de la première partie, elle met en exergue le pianiste et la musique jouée. Le concert se termine sans que le pianiste n’ait fait une seule pause. Une vague d’applaudissements émerge de la salle. C’est la fin d’un voyage de deux heures, un voyage qui m’a transporté loin de la Barakasons sans jamais la quitter. La claque.

En tout cas, il est certain qu’il ne faut pas nécessairement être un fan absolu de musique électronique pour se laisser emporter par les Mecanics ensemble et Fabrizio Rat. Le groupe et l’artiste vous transportent et vous permettent de vous déconnecter de la réalité le temps d’un concert. L’absence de pause pendant les prestations vous maintient en haleine, vous empêche de revenir sur Terre et vous fait vivre un moment magique. N’hésitez pas à sauter le pas, l’originalité de la prestation vaut le détour, à l’image du reste de la programmation de La Soufflerie, mêlant différents arts et artistes. Pour toutes les informations, rendez-vous sur :
http://www.lasoufflerie.org
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Dorian M.