De la musique à la danse il n’y a qu’un pas.

Quel plaisir d’écouter et d’être à proximité directe des musiciens de l’ONPL lors de leur interprétation, jeudi soir, de deux œuvres majeures de Rachmaninov !

L’orchestre a débuté par le Concerto n°2 avec au piano Jorge Luis Prats suivi de la Symphonie n°2. Le compositeur a écrit ces deux œuvres, pendant une des périodes les plus heureuses de sa vie et cela se ressent vraiment par le dynamisme, le rythme et la poésie qui s’en dégagent.

Cela faisait un certain temps que je n’avais pas assisté à un concert de musique classique. N’étant pas une experte dans ce domaine, je ne vais pas vous décrire le moment en termes techniques mais je vais plutôt vous faire part de mon ressenti. En plus de la dimension auditive, c’est la dimension visuelle qui m’a particulièrement marquée. Ce concert au-delà du concert était un ballet, une danse à l’état pur. Chorégraphie des instruments, des doigts, des mains, des bras, des corps des musiciens.

Les doigts des violonistes, qui étaient placés aux premiers rangs de l’orchestre (à portée de main), étaient tour à tour tendus, virevoltants, caressants au gré de la musique qui passait de la douceur à l’explosion. Index, majeur, index se succèdent de manière rapide sur les cordes. Puis plus rien, les violons laissent place aux autres instruments. Puis un frottement d’archet ou un pincement délicat, la main s’envolant avec grâce au-dessus de l’instrument. La danse des archets constituaient en parallèle une belle impression visuelle.

Le chef d’orchestre vivait intensément le concert enchaînant les mouvements pour diriger ses musiciens. Très courts et tendus, les bras et le visage contractés lorsque la musique s’intensifiait succédant à des mouvements amples et un visage souriant, proche de l’extase lorsqu’elle s’apaisait. Assez impressionnant de voir à quel point il semblait possédé par la musique.

Le premier violon, faisait également corps avec son instrument. Elle se balançait ou bondissait sur sa chaise au gré des variations de musique.

Enfin de ma place, je pouvais voir les mains du pianiste Jorge Luis Prats qui se reflétaient dans la queue du piano. Elles couraient, bondissaient de touche en touche avec une vivacité et une agilité déconcertantes.

J’ai particulièrement apprécié ce moment. Jorge Luis Prats a fait une prestation remarquable et un rappel vraiment original. Il a « improvisé » deux morceaux durant lesquels il a utilisé le piano comme une percussion, ajoutant un moment de fantaisie à ce concert.

Un beau moment de musique (et de danse !) que je vous conseille.

Caroline