Défragmentation de la mémoire : autobiographie fictionnelle

Avec ce spectacle, il revient sur son histoire familiale, quand il est encore enfant et vit auprès de la RN117 chez sa sœur, à peine plus âgée que lui. Le temps s’écoule dans le village de Ger, dans ce coin perdu des Pyrénées, non loin des plages d’Hendaye. Il déroule le fil de ses souvenirs, juxtapose et entremêle les événements de son passé.

L’époque est extrêmement bien retranscrite grâce aux références insérées tout au long de la pièce. Sur un minitel ou sur les notes de Céline Dion, il met en scène ses souvenirs et ceux de sa sœur, des plus tristes au plus drôles. Trop jeune, il est souvent spectateur de ce qui se joue devant lui.

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crédits photo : Estelle Hanania

Aujourd’hui, le temps a passé. La mémoire a opéré des sélections, des sauvegardes et des suppressions. Il ne fait aucun doute que tout ne se soit pas déroulé exactement comme décrit. Jonathan Capdevielle a résolument décidé d’écrire une saga familiale autofictionnelle. Dans celle-ci, les événements se télescopent. Dans celle-ci, les ours se comportent parfois comme les hommes. Dans celle-ci, les événements difficiles sont exposés de manière légère.

Loin de tout raconter, sa saga est un ensemble de morceaux choisis au cœur desquels il plonge son public. Avec sa défragmentation, il touche la sensibilité du spectateur, il le fait rire aussi. Peu importe que tout ne soit pas réel, sa manière de mettre en scène ce qui l’a construit est extrêmement bien agencé. On ressort de la salle en n’ayant passé un agréable moment à écouter son pot-pourri d’histoires.

Karen