Départ pour l’ailleurs au Nouveau Pavillon

Une virée au cœur des collines armoricaines

Tout d’abord, c’est le duo de Rozenn Talec et Lina Bellard qui prend place sur scène. Deux jeunes créatures tout droit sorties de contes médiévaux avec leur chevelure brune et or. La Bretagne, ses gens et ses histoires irriguent l’œuvre musicale de ce duo harpe-voix à travers les gwerziou, ces complaintes chantées en breton. C’est de la dentelle que brode de ses doigts, Lina, la harpiste, tissant ainsi des mélodies qui nous emmènent à travers les collines armoricaines.
Des vents contraires soufflent sur ces chants, ce sont ceux de l’amour et de la mort, tels des personnages rencontrés au gré des histoires qui parsèment l’œuvre musicale de ce duo.
D’après les chanteuses, la Bretagne serait le reflet des cultures du monde. On veut bien les croire lorsqu’on entend ces mélodies qui invitent au voyage, vers un pays si proche mais aux multiples visages.
Les chants et les intermèdes se font en breton, cette langue aux sonorités énigmatiques et par laquelle on se laisse volontiers bercer.

Un concentré de Scandinavie

Pour la deuxième partie de soirée, on déplace le curseur vers le nord ; la Bretagne laisse la place à un autre territoire mystérieux : la Scandinavie avec le duo Julie Hjetland et Jens Ulvsand. Leur musique, résolument folk au sens premier du terme, se nourrit des histoires et de la littérature de leurs trois pays d’origine : la Suède, la Norvège et le Danemark. Le chant surprenant mais toujours subtil de Julie alterne nappes vocales et douceur mélodique. On pense à Sinead O’Connor et à ces voix qui évoquent les lointaines terres insulaires. Elle s’accompagne au ukulélé et à l’autoharpe, deux instruments dont les cordes évoquent des couleurs chatoyantes, soulignant délicieusement le côté folk de leurs morceaux. Jens quant à lui déploie son talent avec le bouzouki, instrument d’origine grecque à la croisée du luth et de la guitare aux sonorités solaires, nous emmenant vers un ailleurs méconnu, lui aussi peuplé d’histoires, où vivent des femmes et des veuves de marins, partis se perdre dans les eaux glacées du Grand Nord.

C’est donc bien une invitation au voyage que nous proposent ces voix de femmes, témoins des musiques du monde, telle une mosaïque de couleurs sans cesse à découvrir et dont le langage dépasse de loin celui des mots.

Anaïs C.